L’Uruguay légalise l’avortement



Mercredi 17 octobre, le "Sénat Uruguayen a approuvé […] le projet de loi légalisant l’avortement jusqu’à 12 semaines de gestation, sous certaines conditions". Le 26 septembre dernier, la chambre des députés avait déjà donné son approbation (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 26/09/12). Cette adoption par le Sénat fait de l’Uruguay "le troisième pays d’Amérique Latine à légaliser l’avortement", après Cuba et le Guyana.

Le texte, qui avait été proposé par la majorité de gauche du Frente Amplio actuellement au pouvoir, "a été voté par 17 sénateurs sur 31, dont les 16 représentants du Frente Amplio et un élu de l’opposition". Suite à cette adoption, le président José Mujica, "a indiqué qu’il ne s’opposerait pas à la promulgation de la loi".
"Inspiré de la législation en vigueur dans les pays européens, le texte prévoit d’autoriser l’interruption volontaire de grossesse avant 12 semaines de gestation, à condition que la femme ait rencontré préalablement une équipe d’au moins trois professionnels" : un gynécologue, un psychologue et un assistant social. Ces derniers devront informer la femme enceinte "sur les risques médicaux, les alternatives et les programmes sociaux d’aide à la maternité ou à l’adoption". En outre, "la loi prévoit une clause de conscience pour les professionnels de santé opposés à l’avortement".

Suite à cette adoption, plusieurs personnalités ont réagit. Pour le sénateur Luis Gallo, du Frente Amplio, "cette loi est en phase avec les consensus sociaux d’aujourd’hui en Uruguay". Dans l’opposition, "le sénateur Alfredo Solari du Parti Colorado (droite) a dénoncé ‘un système complexe et difficile’ à appliquer, notamment en province où selon lui il sera compliqué d’avoir accès à une équipe multidisciplinaire pour les candidates à l’IVG".

Maria Jose Scaniello, du réseau de défense des droits de la femme CLADEM-Uruguay, "fait part à l’AFP de ‘sentiments contradictoires’ ".
Sofia Reyes, du mouvement "Provida" ("Pro-vie"), "a quant à elle réitéré son opposition au texte, assurant qu’ ‘avec ou sans loi’, son groupe continuerait à ‘soutenir la mère pour qu’elle puisse donner naissance à son bébé’ ".


Sources: 

AFP 17/10/12 – france24.com 17/10/12 – lemonde.fr 17/10/12 – lepoint.fr 17/10/12 – radio-canada.ca 18/10/12 – tempsreel.nouvelobs.com 18/10/12