PMA : des conséquences sur la santé ?

Publié le 18 Jan, 2022

L’Agence de la biomédecine (ABM) publie une brochure d’information sur la santé des personnes nées après une assistance médicale à la procréation (AMP). Ce document « est destiné aux personnes qui réalisent une AMP et aux personnes qui en sont nées ». Il a pour objet de faire « le point des connaissances médicales et scientifiques connues à ce jour sur la santé des personnes nées après une AMP » (cf. PMA : l’ABM en campagne).

L’insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV) sont regroupées sous l’expression « procréation médicalement assistée » (PMA). « La FIV est suivie du transfert d’embryon(s) immédiat (embryon frais) ou différé (embryon congelé) ». A noter que « deux techniques de FIV existent : l’une où le spermatozoïde féconde l’ovocyte sans aide extérieure (FIV “classique”) et l’autre où le spermatozoïde est injecté dans l’ovocyte (ICSI) » (cf. PMA : « beaucoup trop d’ovocytes » prélevés).

Des millions d’enfants nés par PMA, mais peu de données

Depuis 1978, 8 millions d’enfants dans le monde, sont issus d’une FIV. Cette dernière est apparue en France en 1982. Elle a depuis donné lieu à 400 000 naissances, soit 3,4% des enfants (cf. En 2019, un nouveau-né sur 28 est issu d’une PMA). Mais il y a aujourd’hui peu de données sur la santé des personnes issues d’une PMA, en raison « du petit nombre de personnes ayant participé » à « un petit nombre d’études », explique l’ABM. Les premiers enfants nés par FIV ont aujourd’hui une quarantaine d’années.

Des facteurs liés « à la technique d’AMP utilisée » ou aux traitement hormonaux peuvent être à « l’origine de problèmes de santé chez les personnes nées après une AMP ». D’après les données, les enfants nés après une FIV « présentent un risque légèrement accru » de naissance prématurée, d’un poids de naissance plus faible « après un transfert d’embryon frais ». De même, « le taux d’admission en réanimation néonatale et le taux de mortalité durant la première année de vie » sont plus élevés chez les enfants issus d’une FIV que chez ceux nés d’une grossesse spontanée (cf. PMA : risque médical et technique). Par ailleurs, il semble que les troubles congénitaux et les cancers ne soient pas plus nombreux chez les enfants issus d’une AMP (cf. Risque accru de malformations et de cancers chez les bébés conçus par FIV). Cependant, le document souligne la nécessité « de prolonger les études sur de plus larges cohortes et au cours de l’âge adulte ».

En ce qui concerne la santé des adultes nés par PMA, les données manquent également. Notamment en ce qui concerne leur fertilité. Mais, on note « une baisse relative du nombre de spermatozoïdes chez certains hommes nés après une ICSI ». Et les chercheurs ont relevé « des anomalies échographiques sur les vaisseaux sanguins ».

Des problèmes identifiés, et un besoin patent d’études encore à mener, qui ne semblent pas freiner les ambitions de l’industrie de la procréation (cf. Covid-19 : révélateur du business de la procréation ?).

Photo : iStock

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