PMA : risque médical et technique

Publié le 21 Oct, 2020

Des millions de bébés naissent chaque année dans le monde après une PMA par fécondation in vitro. Une pratique qui n’est pas sans danger, en particulier avec des risques de malformation des enfants.

La fécondation in vitro n’est pas un traitement contre l’infertilité, mais une façon de tenter de la contourner en ayant recours à la technique pour produire un enfant. La technique, très invasive, très intrusive pour l’intimité du couple, n’est pas neutre pour la santé des femmes soumises à une stimulation ovarienne qui comporte son lot de piqûres d’hormones, de prises de sang, de ponctions… On parle du syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHSO) mais aussi de fréquences plus élevées de diabète gestationnel ou de placenta prævia qui expose à des risques d’hémorragie et de naissances prématurées. 

Plus de risques de malformations

Les risques médicaux pour l’enfant sont moins connus mais ils sont loin d’être négligeables. Outre la sélection liée au diagnostic préimplantatoire et au dépistage prénatal, les résultats d’une étude réalisée en 2012 par le Robinson Institute de l’Université d’Adélaïde (Australie) et récemment repris par le magazine Elle soulignent un risque de malformation de 5,8% pour une grossesse conçue naturellement qui passe à 7,2% dans le cas d’une PMA et 9,9% pour une FIV avec micro-injection d’un spermatozoïde (ICSI). Une autre étude fait état d’un risque d’anomalies chromosomiques dans les embryons qui dépasse parfois les 50 %.

Un capital santé différent pour l’enfant né d’une PMA ?

L’enfant naît souvent prématurément et avec un poids plus faible que celui des bébés conçus naturellement. Les recherches menées listent un certain nombre de problèmes aux occurrences plus fréquentes : des troubles épigénétiques, de malformations cardio-vasculaires plus nombreuses, de cancers pédiatriques (leucémie et neuroblastome), voire de risque accru de 45 % de mourir avant son premier anniversaire

Chez les adultes nés d’un don de sperme, le Caring Futures Institute de l’université Flinders constate que « les adultes conçus par don de sperme présentaient sept fois plus de diagnostics de diabète de type 1 que les adultes conçus naturellement, ainsi qu’une incidence deux fois plus élevée de maladies thyroïdiennes, de bronchites aiguës et d’apnée du sommeil, et une incidence de 45% d’allergies, contre 35% dans la population conçue naturellement »et conclut à une altération du système immunitaire.

L’insensible loi du marché

Alors que les nouvelles lois de bioéthique veulent élargir la PMA à toutes les femmes, ces risques non négligeables montrent que, d’un point de vue médical aussi, l’acte ne peut être considéré comme neutre. Mais qui informe les couples, les patientes de ces problèmes récurrents ? Reste le marché, insensible, qui pèse tout son poids en euros ou en dollars. Pour ces afficionados, la PMA pour toutes ne sera qu’une étape. En supprimant le critère médical, la loi ouvre sur un marché sans contours, capable de générer d’immenses profits. Il concerne les personnes fertiles naturellement, faut-il désormais le préciser ? qui pourront, en utilisant la technique, choisir le sexe de leur enfant ou la couleur de ses yeux… 

Cet article de la rédaction Gènéthique a été initialement publié sur Aleteia sous le titre : Les enfants nés par PMA risquent des malformations selon une étude australienne

Photo : iStock

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