PMA : risque médical et technique

Publié le : 21 octobre 2020

Les discussions autour de la PMA ne devraient pas oublier de mentionner que la technique n’est pas sans risque pour la santé.

La fécondation in vitro n’est pas un traitement contre l’infertilité, mais une façon de tenter de la contourner en ayant recours à la technique pour produire un enfant.

La femme et son corps

La technique, très invasive, très intrusive pour l’intimité du couple, n’est pas neutre pour la santé des femmes soumises à une stimulation ovarienne qui comporte son lot de piqûres d’hormones, de prises de sang, de ponctions… On parle du syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHSO)[1] mais aussi de fréquences plus élevées de diabète gestationnel ou de placenta praevia qui expose à des risques d’hémorragie[2] et de naissances prématurées.

Plus de risques de malformations

Les risques médicaux pour l’enfant, sont moins connus, mais ils sont loin d’être négligeables.

Outre la sélection liée au diagnostic préimplantatoire et au dépistage prénatal, les résultats d’une étude[3] réalisée par le Robinson Institute de l’Université australienne d’Adélaïde soulignent un risque de malformation de 5,8% pour une grossesse conçue naturellement qui passe à 7,2% dans le cas d’une PMA et 9,9% pour une FIV avec micro-injection d’un spermatozoïde (ICSI). Une autre étude fait état d’un risque d’anomalies chromosomiques dans les embryons qui dépasse parfois les 50%[4].

Un capital santé différent pour l’enfant né d’une PMA ?

L’enfant naît souvent prématurément et avec un poids plus faible que celui des bébés conçus naturellement. Les recherches menées listent un certain nombre de problèmes aux occurrences plus fréquentes : des troubles épigénétiques[5], des malformations cardio-vasculaires plus nombreuses[6], des cancers pédiatriques (leucémie et neuroblastome)[7], voire un risque accru de 45% de mourir avant son premier anniversaire[8].

Les adultes, un système immunitaire déficient ?

Chez les adultes nés d’un don de sperme, le Caring Futures Institute de l’université Flinders constate que « les adultes conçus par don de sperme présentaient sept fois plus de diagnostics de diabète de type 1 que les adultes conçus naturellement, ainsi qu’une incidence deux fois plus élevée de maladies thyroïdiennes, de bronchites aiguës et d’apnée du sommeil, et une incidence de 45 % d’allergies, contre 35 % dans la population conçue naturellement »[9] et conclut à une altération du système immunitaire.

Alors que les nouvelles lois de bioéthique veulent élargir la PMA à toutes les femmes, ces risques non négligeables montrent que, d’un point de vue médical aussi, l’acte ne peut être considéré comme neutre. Mais qui informe les couples, les patientes de ces problèmes récurrents ?

Reste le marché, insensible, qui pèse tout son poids en euros ou en dollars. Pour ces aficionados, la PMA pour toutes ne sera qu’une étape. En supprimant le critère médical, la loi ouvre sur un marché sans contours, capable de générer d’immenses profits. Il concerne les personnes fertiles naturellement, faut-il désormais le préciser ?, qui pourront, en utilisant la technique, choisir le sexe de leur enfant ou la couleur de ses yeux…

 

[1] Un SHSO moyen à sévère survient dans 3 à 8 % des cycles de FIV. La forme bénigne du SHSO, douleurs abdominales légères et parfois des vomissements ou des diarrhées, se manifeste dans 20 à 30 % des cas de FIV environ.

[2] Gènéthique, PMA : la culture d’embryons responsable d’anomalies du développement placentaire et de la croissance fœtale

[3] Elle, Fécondation in vitro : attention aux risques de malformations

[4] Gènéthique,Le recours à la PMA augmente les risques d’anomalies chromosomiques ?

[5] Gènéthique, Les traitements de fertilité plutôt que l’âge de la mère en cause dans les troubles épigénétiques

[6] Gènéthique, Deux fois plus de malformations cardiaques après une FIV, quatre fois plus si ce sont des jumeaux

[7] Gènéthique, Congélation des embryons et risque de cancer accru : une étude danoise

[8] Gènéthique, Bébés issus d’une PMA : +45% de risque de mourir avant sa première année

[9] Gènéthique, Davantage de maladies immunitaires chez les adultes nés d’un don de sperme ?

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