Mise sur le marché du nouveau test de dépistage de la trisomie 21 dans quatre pays européens



Depuis le 20 août 2012, le nouveau test "Praena Test", permettant de dépister la trisomie 21 par une simple prise de sang et développé par le laboratoire allemand LifeCodexx, est commercialisé en Allemagne, en Suisse, en Autriche et au Liechtenstein (Cf Synthèses de presse Gènéthique du 11/06/12, 30/07/12). En pratique, les "hôpitaux suisses n’ont pas encore constaté de ruée" pour effectuer le test.
Cette commercialisation, a généré diverses réactions. Ainsi,  sur Slate.fr, le Dr Ariane Giacobino, spécialiste en génétique et responsable des consultations cliniques aux Hôpitaux universitaires de Genève, précise qu’ "il ne fait aucun doute que ce test soulève la question d’une diminution du nombre de naissances d’enfants trisomiques".  Par ailleurs, dans une tribune du Huffington Post, le même médecin informe qu’une étude, effectuée sur 2000 participants et publiée en 2011 dans l’American Journal of Medical Genetics, révélait que si 4% d’entre eux admettaient "regretter cette naissance", "99% des parents d’enfants trisomiques aimaient leur enfant, 97% étaient fiers d’eux, 79% ressentaient leur vie comme plus positive grâce à cet enfant". Par conséquent, pour le Dr Ariane Giacobino, "on ne tire pas de ces chiffres l’impression que cette vie ne vaut pas la peine d’être vécue".
Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, ce test soulève de nombreux problèmes éthiques. "Le premier consiste à assimiler progrès technique et progrès médical et à faire passer de la communication promotionnelle pour de l’information scientifique. Au contraire, ce faux progrès médical ne devrait-il pas être l’occasion pour notre société de voir en face le problème éthique du diagnostic prénatal des enfants trisomiques occulté depuis près de 20 ans ?    
Le deuxième consiste à considérer que le fait de ne plus supprimer que des anormaux est un progrès, ce qui en réalité signifie que la vie des normaux a plus de valeur que celle des anormaux.

Le troisième consiste à se réjouir d’un taux de fiabilité à 100 % alors que 96 % des enfants trisomiques dépistés sont déjà avortés : faut-il encore absolument gagner 4 % sur la voie de l’éradication ?   
Le quatrième est que le nouveau test permet d’obtenir le diagnostic de trisomie avant la fin du délai légal pour pratiquer une interruption volontaire de grossesse.  Inéluctablement cette nouvelle technique va faire disparaitre la distinction IVG / IM(médicale)G et conduira à noyer indistinctement les avortements eugéniques pratiqués pour cause de trisomie dans la masse de ceux demandés par la femme. Le résultat est terrifiant : le génocide des enfants trisomiques in utero ne sera plus décompté et n’existera plus. A l’assassinat d’un groupe humain déterminé par son génome s’ajoutera l’assassinat de leur mémoire"
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Sources: 

Le generaliste.fr (Giulia Gandolfi et Muriel Gevrey) 27/08/12 – La croix (Dorian Malovic) 21/08/12 – liberté politique 24/08/12 – Zenit.org 23/08/12 – Lematin.ch 20/08/12 – actupharma.com 23/08/12 – Slate.fr (Jean-Yves Nau) 20/08/12 – 20minutes.ch – Huffingtonpost .fr (Ariane Giacobino) 24/08/12 – Leplus.nouvelobs.com (Diane Roman) 23/08/12 – le Point.fr 20/08/12 – la presse.ca 20/08/12 – arte.tv.fr 21/08/12 – Lemonde.fr 20/08/12 – romandie.com 20/08/12