Présidentielles : Emmanuel Macron favorable à l’euthanasie

Publié le 4 Avr, 2022

Jeudi 31 mars, lors d’un déplacement à Fouras en Charente-Maritime dans le cadre de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré être « favorable à ce qu’on évolue vers le modèle belge » (cf. Euthanasie : « Une nouvelle morale s’instaure : celle de l’abnégation sociale, de ma mort au profit du collectif »). Un « avis personnel » sur la dépénalisation de l’euthanasie, dont il n’a pas prononcé le nom.

La Belgique, un modèle ?

« Le modèle belge est catastrophique et dérape depuis vingt ans », affirme le Dr Jean-Marie Gomas, auteur avec le Dr Pascale Favre de l’essai Fin de vie : peut-on choisir sa mort ? (Artège). « Des travaux récents pointent l’absence de respect de plusieurs garde-fous, comme l’absence de consultation d’un second médecin pourtant exigé, le non-respect de critères d’éligibilité… », précise-t-il (cf. L’Impasse de l’euthanasie ; Euthanasie : « la ligne d’arrivée de cette course à l’émancipation, c’est l’isolement et la solitude »).

Dans son dernier rapport, la Commission d’évaluation indique qu’aucun dossier n’a été transmis au procureur du roi (cf. Belgique : les euthanasies en hausse de 10,4% en 2021). Ce qui est « logique » pour le Dr Gomas, puisque « certains médecins militants revendiqu[e]nt “ouvertement” ne pas déclarer certains actes ».

Un débat faussé

Le candidat à sa réélection explique avoir « pris l’engagement de faire évoluer le sujet “en faisant une convention citoyenne pour qu’elle fasse accoucher un consensus” » (cf. Fin de vie, GPA… : Emmanuel Macron précise son programme en matière de bioéthique). « Mais prôner le consensus tout en donnant sa propre opinion fausse-t-il déjà le jeu, à supposer qu’Emmanuel Macron soit réélu et la convention citoyenne, organisée ? », interroge la journaliste Alice Le Dréau.

« Un président ne devrait pas dire ça, estime un médecin de la SFAP. D’abord, parce que cette déclaration court-circuite tout le travail fait depuis plusieurs mois pour encourager au développement des soins palliatifs (cf. Cinquième plan pour les soins palliatifs : des ambitions, peu de moyens). Ensuite, parce que, politiquement parlant, lancer une consultation en donnant les résultats espérés à l’avance ne pose pas la base idéale d’un débat

En 2017, lors de sa première campagne, Emmanuel Macron avait affirmé souhaiter « choisir (sa) fin de vie ».

 

Sources : Europe 1, Jacques Serais avec Gauthier Delomez (02/04/2022) ; La Croix, Alice Le Dréau (01/04/2022)

Partager cet article

Synthèses de presse

Lésions cérébrales : les traitements arrêtés trop tôt ?
/ Fin de vie

Lésions cérébrales : les traitements arrêtés trop tôt ?

Certains patients souffrant de lésions cérébrales traumatiques et décédés après l'arrêt des traitements de « maintien en vie » auraient pu se ...
Estonie : condamné pour assistance au suicide
/ Fin de vie

Estonie : condamné pour assistance au suicide

Le tribunal du comté de Tartu, en Estonie, a condamné un homme en raison de ses activités illégales liées à ...
Guérir le VIH avec CRISPR ? Un essai in vivo décevant
/ Génome

Guérir le VIH avec CRISPR ? Un essai in vivo décevant

La tentative d'Excision BioTherapeutics d'utiliser une thérapie génique basée sur l’outil CRISPR pour guérir le VIH ne s’est pas montrée ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres