Don de gamètes : les jeunes en retrait

Publié le 6 Juin, 2024

Selon un baromètre d’opinion [1] sur le don de gamètes mené en avril 2024 par l’Agence de la biomédecine (ABM), depuis la loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique, les Français se sentent de mieux en mieux informés sur le don de gamètes. Pourtant, les 18-24 ans se montrent moins favorables au don en 2024 que les années précédentes (cf. L’ABM en campagne pour le don de gamètes).

En effet, 23 % des sondés estiment être bien informés sur le don de gamètes en 2024, contre 18 % l’année précédente. En revanche, parmi les jeunes de 18-24 ans, 39 % se sentent prêts à faire un don, contre 49% de la population générale (cf. « Les jeunes », faux héros et vraies proies de notre époque). En 2023, ils étaient 62 % (cf. Dons de gamètes : les jeunes au cœur de l’attention). « Quand on est étudiant, on n‘a pas forcément envie d’avoir des enfants – du moins, pas dans l’immédiat. En revanche, rien n’empêche d’offrir à d’autres la possibilité d’être parents » tentait de convaincre l’Agence lors de la campagne d’octobre 2023. Vous pourrez continuer « à profiter de tous vos vendredis soirs » comme « de toutes vos grasses mat’ », « à être le meilleur aux jeux vidéo », disait-elle aux jeunes (cf. Don de gamètes, contraception : les jeunes ne méritent-ils pas qu’on les prenne au sérieux ?). Une campagne peu convaincante ?

Le baromètre d’opinion révèle également que parmi les personnes en âge de donner leurs gamètes [2], 78 % sont favorables au don, 42 % sont favorables et prêts à donner, un tiers se sentent concernés. Seuls 26 % sont favorables, prêts à donner et se sentent concernés.

Dans 66 % des cas, les donneurs potentiels souhaitent plus d’informations et de sensibilisations sur le manque de dons. Pour 58 % des femmes et 51 % des hommes en âge de donner, le meilleur levier pour inciter au don est d’insister sur les personnes qui attendent un don. L’ABM entend jouer sur la corde sensible.

Le 13 octobre dernier, l’ABM avait justement annoncé le lancement d’une nouvelle campagne incitant au don de gamètes : #Faitesdesparents. L’objectif étant de « recruter rapidement et massivement de nouveaux donneurs de gamètes aux profils diversifiés pour faire face à la hausse des demandes de prise en charge en AMP avec don de gamètes ». La seconde motivation pour donner serait l’augmentation de l’infertilité (cf. Infertilité : le Gouvernement propose des mesures qui ne font pas consensus). Cela pourrait inciter 44% des Français à donner.

En revanche, 33% des hommes interrogés seraient incités à ne pas donner en raison de la levée de l’anonymat à partir de la majorité de l’enfant (cf. PMA : La France lève partiellement l’anonymat des donneurs ; PMA : 434 demandes d’accès aux origines depuis 2022). Pour 40% des femmes, la méthode de prélèvement des ovocytes, par stimulation ovarienne et ponctions, pourrait être un frein.

Malgré les efforts de communication de l’ABM, la séduction ne semble pas opérer. Donner ses gamètes n’est pas un acte anodin pour les jeunes Français. Le geste reste engageant, les freins demeurent.

 

[1] Ce baromètre a été réalisé par l’Institut Viavoice pour l’Agence de la biomédecine, par téléphone entre le 11 et le 23 avril 2024, auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[2] Les femmes de 18-37 ans et les hommes de 18-44 ans.

Photo : iStock

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