17 macaques greffés avec des reins de porc

Publié le 15 Juin, 2023

La société de biotechnologie eGenesis affirme avoir réalisé 17 xénotransplantations de reins de porc chez des macaques. Il s’agit de « la plus grande cohorte de primates non humains » pour ce type de recherche, affirme l’entreprise qui annonce une prochaine publication dans la revue Nature Communications.

Les singes ont « survécu plus de 60 jours » après avoir reçu des reins de porcs [1] produits par eGenesis et conçus pour éviter le rejet d’organe et « éliminer le risque de transmission virale » (cf. Chimères hommes-animaux : des associations de défense des animaux s’insurgent). « Nos résultats fournissent des preuves supplémentaires de la capacité des reins xénotransplantés à assurer une fonction physiologique normale sur de longues périodes », affirme le Dr Katherine Hall, directeur de recherche chez eGenesis. « Ils permettent également de déterminer les domaines à surveiller », ajoute-t-elle, indiquant que la société s’apprête à lancer des études cliniques (cf. Xénogreffe : des cœurs de porc transplantés chez deux personnes en état de mort cérébrale).

Pallier un manque d’organes ?

Les maladies rénales chroniques touchent entre 8 et 16% de la population mondiale, et « la demande de reins issus de donneurs dépasse de loin l’offre ». Des chercheurs envisagent la xénotransplantation, c’est-à-dire la transplantation d’organes d’une espèce à une autre, comme solution. Les reins de porc sont « semblables aux reins humains », en termes de taille et de fonction, justifient-ils (cf. Un chercheur allemand se lance dans l’élevage de porc pour les xénogreffes).

En outre, les scientifiques utilisent des technologies d’édition de gènes afin de produire des organes « présentant des propriétés favorables », notamment « une immunogénicité réduite et l’inactivation des agents pathogènes endogènes ».

Complément du 18/07/2023 : eGenesis a commencé à transplanter des cœurs de porcs génétiquement édités à des bébés babouins. Une étude qui « devrait ouvrir la voie » à des procédures similaires chez les nourrissons dès l’année prochaine, indique Eli Katz, médecin chef chez eGenesis.

D’ici là les scientifiques vont « s’entrainer » sur 12 babouins. Deux opérations ont déjà été pratiquées. Aucun des deux animaux n’a survécu plus de quelques jours.

La société a développé une technique qui effectue 70 modifications du génome du porc avec l’outil CRISPR, ce qui permettrait de transplanter ces organes animaux chez l’homme selon l’entreprise.

 

[1] Yucatan minipigs

Sources : AP news (13/06/2023) ; MIT Technology review, Jessica Hamzelou (17/07/2023)

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