Trier les embryons pour réussir à l’université ?

Publié le 13 Fév, 2023

Une étude parue dans la revue Science indique que 38% des Américains seraient prêts à sélectionner les embryons selon des critères d’aptitudes intellectuelles potentielles. 28% approuveraient même qu’ils soient édités génétiquement si le procédé était « sûr ». Le sondage mettait en balance le fait que leur futur enfant intègre l’une des 100 meilleures universités (cf. Vers le tri des embryons selon leur QI ?).

« Le message de cette enquête est que le public n’est pas révulsé par un eugénisme de consommateur, du moment que vous ne l’appelez pas comme ça bien sûr », commente Antonio Regalado, rédacteur en chef du MIT Technology review sur Twitter (cf. Avis du CCNE : « L’eugénisme n’a plus besoin de coercition »).

Un besoin urgent de réglementation

Les chercheurs qui ont mené cette enquête concluent qu’il faut se « dépêcher » de définir des politiques en la matière. « Je ne pense certainement pas que ce soit quelque chose de bon, indique Michelle N. Meyer, professeur de bioéthique au Geisinger Health System et auteur de l’étude. Cela m’inquiète ». « Le plus grand risque est de ne rien dire et de laisser cela se dérouler dans un laissez-faire réglementaire et commercial », estime-t-elle.

La Société européenne de génétique humaine avait quant à elle mis en garde l’année dernière contre les scores de risques polygéniques, recommandant leur interdiction, tant qu’aucune réglementation n’est mise en place.

Des entreprises déjà sur le marché

Genomic Prediction commercialise déjà des tests visant à prédire le risque qu’un enfant développe plus tard des maladies comme la schizophrénie ou le diabète (cf. Score de risque polygénique : des tests sur l’embryon « contraires à l’éthique » ). Elle affirme ne pas proposer de « scores d’aptitude scolaire » et ne pas envisager de le faire.

De son côté, la société 23andMe propose par exemple de prédire l’indice de masse corporelle. Une évaluation dont la précision est similaire à l’estimation du potentiel intellectuel. 23andMe affirme elle aussi vouloir « rester concentrée sur les informations relatives à la santé » (cf. Du business autour des tests génétiques : 23andMe vend les droits d’un médicament).

L’étude publiée dans la revue Science a également révélé que seuls 6% des personnes interrogées sont « moralement opposées » à la fécondation in vitro aujourd’hui, et que seulement 17% d’entre elles ont de « forts scrupules moraux » quant au fait de tester les embryons. Pourtant, avant le développement de la FIV dans les années 1970, la quasi-totalité de la population était contre les « bébés éprouvettes ». Mais « une fois que cela a fonctionné, l’opinion a rapidement changé ».

 

Source : MIT Technology review, Antonio Regalado (09/02/2023)

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