Du business autour des tests génétiques : 23andMe vend les droits d’un médicament

Publié le 13 Jan, 2020

L’entreprise 23andMe qui commercialise « depuis une dizaine d’années » des tests génétiques afin d’obtenir des informations généalogiques et médicales (mutations génétiques qui pourraient prédisposer au développement de certaines pathologies), a vendu « les droits d’un médicament établi à partir de sa base de données ». Une première pour cette entreprise de tests génétiques.

 

Précédemment, en 2018, elle avait conclu un accord de collaboration de 4 ans pour un montant de 300 millions de dollars avec une entreprise pharmaceutique anglaise, GlaxoSmithKline, qui s’était chargée du développement du médicament en exploitant leur base de données génétiques.

 

Cette fois, le médicament est uniquement développé par 23andMe « pour traiter des maladies inflammatoires ». Il « devrait permettre de produire des anticorps pour bloquer des protéines responsables de maladies auto-immunes et d’états inflammatoires liés au lupus et à la maladie de Crohn ». Il a été vendu au début du mois à l’entreprise pharmaceutique espagnole Almirall SA. Le médicament doit être développé et commercialisé par Almirall, 23andMe ayant « déjà procédé à des tests sur les animaux ».

 

Pour Tim Frayling, généticien à l’Université d’Exeter au Royaume-Uni « ce médicament est probablement le premier d’une longue série de brevets ». Il s’interroge : « Est-il juste que l’entreprise bénéficie financièrement de données génétiques que ses clients ont offertes à la recherche médicale ? »

 

La base de données de l’entreprise est constituée des profils génétiques de ses utilisateurs, qui s’élèvent à plus de 10 millions. Son volume a doublé au cours des deux dernières années. Et « 80% des dix millions de personnes ayant acheté un test ont accepté que leurs données soient exploitées pour la recherche de façon anonyme ».

 

Des voix se sont déjà élevées pour inciter les entreprises qui proposent des tests génétiques à rémunèrer leurs clients, au lieu de les faire payer. De l’avis de Tim Frayling, « même en payant 99$ chaque client, l’entreprise resterait encore très rentable ».

 

 

Pour aller plus loin :

Le marché des tests génétiques : Ancestry entre en concurrence avec 23andMe

Les tests génétiques : entre problèmes éthiques et efficacité

26 millions de tests ADN vendus en cinq ans, et le respect de la vie privée ?

Slate, Nina Pareja (11/01/2020) – New Scientist, Jessica Hamzelou (10/01/2020)

 

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