Canada : l’élargissement sans limite de l’« aide médicale à mourir »

Publié le 28 Nov, 2022

Vous êtes malade, pauvre et seul ? Au Canada, cette situation autorise le système médical à vous donner la mort si vous la demandez. 

Habitant de Toronto âgé de 55 ans, Michael Fraser ne peut plus payer son loyer[1]. Face à « une myriade de facteurs — une maladie incurable, la pauvreté, un traumatisme sexuel dans l’enfance, des problèmes de santé mentale et l’option d’une mort assistée », il ne voit qu’une solution : la mort. Il pense « que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue ».

Sa demande d’« aide médicale à mourir » (AMM) est approuvée. Un médecin, le docteur Persaud, lui injecte les substances létales qui mettent fin à ses jours le 2 juillet 2022. Il n’était pas en phase terminale, mais « seulement » « malade, pauvre et seul ». Le système médical ne s’est pas contenté d’appuyer sa décision « mais a facilité sa mort », car c’était « sa vie, son choix ».

Des alternatives à l’euthanasie ?

Aujourd’hui au Canada, face au désespoir, la société préfère proposer la mort plutôt que prendre tous les moyens pour offrir une alternative et s’assurer que personne ne se sente poussé à prendre une telle décision (cf. L’accès à des médecins spécialistes prend des mois quand l’accès à l’ “aide médicale à mourir” peut prendre quelques jours; Canada : 1200 euthanasies en plus, 149 millions de dollars de frais de santé en moins). Désormais, l’AMM n’est pas seulement accordée pour des raisons uniquement médicales mais aussi pour des problèmes sociaux : la pauvreté, l’isolement ou le manque de services.

Le cas de Michael Fraser est loin d’être isolé (cf. Face au handicap ou à la pauvreté, l’ « aide médicale à mourir » se généralise au Canada). Pourtant, ce n’est pas inéluctable. Ainsi, Amir Farsoud, un Canadien de 54 ans gravement handicapé qui craignait d’être expulsé de son logement social suite à sa mise en vente a trouvé autre issue[2]. Dans l’impossibilité de s’acheter une maison et redoutant de se retrouver sans abri, il demande l’euthanasie (Canada : un homme bientôt sans domicile demande l’euthanasie, feu vert du médecin). Mais, après avoir reçu 60.000 dollars via une collecte GoFundMe, il est revenu sur sa décision.

La pente glissante canadienne

Le programme Medical Aid in Dying (MAID) du Canada a débuté en 2016 pour les personnes en fin de vie (cf. L’euthanasie devient « une option de fin de vie » au Canada). Il a ensuite été ouvert aux personnes souffrant de handicap ou de douleurs « débilitantes » (cf. Canada : explosion du recours à l’ « aide médicale à mourir » en 2021), comme cet homme souffrant de « perte auditive » (cf. Canada : euthanasié pour « perte auditive ») ou ce jeune de 20 ans souffrant de douleurs chroniques (cf. Canada : un jeune de 20 ans demande l’aide médicale à mourir). Il devrait être élargi aux personnes atteintes de maladie mentale au mois de mars 2023 prochain. Et les enfants sont également dans la cible (cf. Le Collège des médecins du Québec favorable à l’euthanasie des enfants).

Comme en Belgique, les garde-fous sautent les uns après les autres. Alors que la France envisage d’autoriser l’euthanasie et le suicide assisté, l’avertissement sera-t-il entendu ?

 

Cet article de la rédaction Gènéthique a été publié sur Aleteia sous le titre : Euthanasie : au Canada, les garde-fous sautent les uns après les autres

[1] Toronto Star, We’re all implicated in Michael Fraser’s decision to die, Andrew Phillips (18/11/2022)

[2] The Independent, Canadian man applies for euthanasia because he can’t afford a home but reconsiders after $60,000 GoFundMe, Josh Marcus (21/11/2022)

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