Un « atlas » de l’ovaire humain, étape vers l’« ovaire artificiel » ?

Publié le 16 Avr, 2024

Des chercheurs ont élaboré le premier « atlas » des différents types de cellules qui composent l’ovaire humain. En utilisant le tissu ovarien de cinq donneuses en âge de procréer, les scientifiques ont identifié les gènes nécessaires au développement normal de l’ovule. Ces gènes, lorsqu’ils sont activés au bon moment, permettent aux follicules de mûrir. Cette maturation entraîne la libération d’ovules matures qui peuvent être fécondés par des spermatozoïdes. Leur étude a été publiée dans Science Advances [1]. Ce projet fait partie de l’initiative Human Cell Atlas (cf. Le Human Cell Atlas veut lever les « secrets » du placenta).

« Comprendre ce qui fait un bon ovule »

Les scientifiques ont utilisé une technique appelée transcriptomique spatiale pour déterminer où et comment les gènes sont actifs dans les échantillons de tissus. Pour ce faire, ils ont examiné l’ARN dans 257 sites différents de l’ovaire, ainsi que dans différents types de cellules. Ils ont constaté que les différents types de cellules de l’ovaire présentaient une expression génétique distincte.

« C’est la première fois que nous avons pu cibler les follicules ovariens et les ovocytes et effectuer une analyse de la transcription, ce qui nous permet de voir quels gènes sont actifs », affirme le Dr Ariella Shikanov, professeur agrégé d’ingénierie biomédicale à l’université du Michigan et auteur de l’étude. « Ces nouvelles données nous permettent de commencer à comprendre ce qui fait un bon ovule – ce qui détermine quel follicule va se développer, ovuler, être fécondé et devenir un bébé. »

Vers la création d’« ovaires artificiels » ?

En outre, « maintenant que nous savons quels gènes sont exprimés dans les ovocytes, nous pouvons vérifier si la modification de ces gènes peut entraîner la création d’un follicule fonctionnel », indique le Dr Ariella Shikanov. Elle envisage ainsi de pouvoir créer « un ovaire artificiel » qui « pourrait éventuellement être transplanté dans le corps ».

En effet, « grâce à la capacité de guider le développement des follicules et de régler l’environnement ovarien », les chercheurs pensent que le tissu ovarien modifié pourrait fonctionner beaucoup plus longtemps qu’un tissu implanté non modifié (cf. Cryoconservation de tissu ovarien : la fin de la ménopause ?).

« Nous ne parlons pas de recourir à une mère porteuse ou à l’insémination artificielle », précise Jun Z. Li, directeur associé du département de médecine computationnelle et de bio-informatique de l’université de Michigan et coauteur de l’étude. « La magie à laquelle nous aspirons est de pouvoir déclencher la maturation d’une cellule immature, mais sans savoir quelles molécules dirigent ce processus, nous sommes aveugles. »

L’équipe a maintenant l’intention de continuer à cartographier d’autres parties du système reproducteur féminin, notamment les trompes de Fallope et l’utérus. Ces informations pourraient ensuite être utilisées pour aider au développement d’organoïdes afin de « faire avancer la recherche sur la production de gamètes et la fertilité » (cf. Un premier organoïde d’ovaire entièrement humain ; Des start-ups dans la course aux gamètes artificiels).

 

[1] Andrea Jones et al, Cellular atlas of the human ovary using morphologically guided spatial transcriptomics and single-cell sequencing, Science Advances (2024). DOI: 10.1126/sciadv.adm7506

Sources : BioNews, Laxmee Ramkhelawon (15/04/2024) ; Medical Xpress, University of Michigan (05/04/2024)

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