Trois gynécologues français soupçonnés d’avoir inséminé des patientes avec leur propre sperme

Publié le 3 Jan, 2022

Trois médecins français auraient inséminé leurs patientes « à leur insu » avec leur propre sperme, entre 1974 et 1986.

L’association PMAnonyme a alerté le Conseil national de l’Ordre des médecins. Pour la première fois en France, de telles accusations sont rendues publiques. L’association annonce d’ailleurs « un scandale sanitaire qui débute ». Plusieurs scandales de ce type ont été révélés ces dernières années à l’étranger. Notamment, un gynécologue hospitalier hollandais, décédé en 2009, a été soupçonné en 2020 d’avoir utilisé ses propres gamètes. Il serait le père d’au moins 17 enfants. De même, plusieurs affaires ont été révélées aux Etats-Unis, ces dernières années (cf. Crime de ‘fertility fraud’ : l’Indiana confirma l’infraction pénale des gynécologues utilisant leur propre sperme pour les inséminations).

Trois femmes de l’association PMAnonyme ont réussi à remonter jusqu’aux gynécologues de leur mère, grâce à des test ADN, vendus sur des sites américains (Cf. Enfants nés de dons de sperme : la légitime recherche des origines). En effet, dans les années 1960, 1970 et même 1980, les médecins inséminaient leurs patientes dans leur cabinet, avec du sperme frais. Ils avaient souvent recours à des étudiants en médecine. Mais, certains auraient inséminé « à leur insu » leurs patientes avec leur propre sperme. « Le business de l’insémination était très lucratif ». Chaque gynécologue fixait son « tarif ». Ainsi, le prix d’une tentative d’insémination pouvait représenter « un mois de salaire » et aller jusqu’au « prix d’une voiture ».

En plus du « problème éthique et déontologique », l’insémination ainsi pratiquée par les médecins présente aussi des « risques accrus de consanguinité » (Cf. Son père a vendu a « vendu 500 fois son sperme », il est obnubilé par le spectre d’un inceste). Les trois gynécologues visés auraient également « eu recours aux mêmes donneurs pendant 20 ans, deux fois par semaine ». Enfin, cette pratique était particulièrement dangereuse dans les années 80, « avec l’apparition de l’épidémie du sida » (Cf. Nouvelle-Zélande : Une banque de sperme « séropositive »).

En France, les dons de spermatozoïdes sont encadrés depuis 1973, avec la création des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos). Mais, pour beaucoup de parents, la congélation demeure « inquiétante ». L’insémination « artisanale » de sperme frais a donc perduré dans les cabinets, jusqu’en 1994. La première loi de bioéthique a créé alors « un cadre juridique » au don de gamètes, « mettant fin à cette pratique non règlementée ».

Sources : Le Parisien, Anissa Hammadi (22/12/2021) ; Le Quotidien du médecin, Léa Galanopoulo (22/12/2021) ; La Dépêche (26/12/2021) – Photo : iStock

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