Prélèvement d’organes : hausse du taux d’opposition des familles

Publié le 23 Juin, 2022

A l’occasion de la 22ème « journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs » ce 22 juin, l’Agence de la biomédecine (ABM) livre quelques chiffres sur cette activité pour l’année 2022[1].

Stoppés par la crise sanitaire, les prélèvements et greffes d’organes avaient chuté en 2020 de 25% (4417 greffes réalisées). En 2021, l’activité est repartie à la hausse avec 5276 greffes réalisées (+19,3% par rapport à 2020). Pour les premiers mois de 2022, l’activité est toujours en hausse (+4,2% par rapport aux premiers mois de 2021, ce qui représente 98 greffes supplémentaires[2]) « mais n’a pas retrouvé son niveau d’avant crise ». En cause : toujours les effets de la pandémie, mais aussi une hausse du taux d’opposition des familles.

Le taux de refus atteignait en moyenne 30% entre 2017 et 2019. Il est passé à 34,2% pour les premiers mois de 2022, avec un pic à 37% en avril [3]. Une hausse elle aussi due à la crise sanitaire selon le Pr Tsimaratos, directeur général adjoint en charge de la politique médicale et scientifique à l’Agence de la biomédecine : « Certains proches ‘n’ont pas vu le défunt mourir’, en raison des restrictions sanitaires, rendant la décision ‘d’autant plus difficile’ »[4]. En revanche le nombre d’inscriptions sur le registre national des refus est en baisse : 38 437 en 2020, 23 495 en 2021. L’Agence de la biomédecine a observé des pics « lors des confinements, de la mise en place du passe sanitaire ou encore du ‘convoi de la liberté’ »[5]-[6].

Face à ce constat, la sempiternelle réponse de l’ABM : une campagne de communication. Cette année, peu de frais, c’est la campagne 2021 qui est relancée, « Dons d’organes, un lien qui nous unit tous » (cf. 20e journée du don d’organes : de quoi parle-t-on ?). Avec une nouvelle expression, le « civisme sanitaire ».

 

[1] Conférence de presse organisée le 15 juin

[2] La hausse concerne surtout les prélèvements Maastricht 3, avec +14% cf. Greffes d’organes en France : les prélèvements Maastricht 3 en hausse

[3] Il atteint 46,3% en Ile de France, 43,3% en Lorraine et 40,2% en Paca

[4] Le Quotidien du médecin, Elsa Bellanger (22/06/2022)

[5] 175000 personnes se sont inscrites sur le registre des refus ces 4 dernières années

[6] Le Parisien, Florence Méréo (22/06/2022)

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