Innovation santé 2030 : 16 programmes pour « accélérer la recherche et l’innovation en santé »

Publié le 25 Mai, 2023

Le Gouvernement a dévoilé son plan Innovation santé 2030. « Volet santé de France 2030 », ce plan ambitionne de doter la France d’« une stratégie pour devenir la première nation européenne innovante et souveraine en santé »[1].

Un important soutien financier

Ce sont 4 nouveaux bioclusters, 12 nouveaux instituts hospitalo-universitaires (IHU) et différentes infrastructures de recherche, qui vont recevoir un soutien financier de l’Etat. Des « pôles d’excellence » qui rassemblent chercheurs, cliniciens, investisseurs et industriels et couvrent de très nombreux domaines. « Neurosciences, immunologie, infectiologie, thérapies géniques, maladies vasculaires, troubles du neuro-développement de l’enfant, cancers, onco-hématologie, maladies respiratoires, troubles de l’audition, sepsis, pathologies hépatiques » sont évoqués par le communiqué de presse du ministère de la Santé et de la Prévention.

Plus de 7,5 milliards d’euros vont être consacrés à des « projets innovants en santé », dont 1,7 milliard pour la recherche biomédicale [2].

Un biocluster pour les thérapies géniques

Chaque biocluster est « un écosystème d’innovation regroupant laboratoires, centres de recherche, centres de soins et entreprises travaillant dans le domaine de la santé ». Parmi eux, GenoTher, dédié aux thérapies géniques.

« 24 médicaments de thérapie génique sont aujourd’hui approuvés par les autorités de santé à travers le monde, 3000 produits sont en cours de développement, et à l’horizon 2025, 20 % des nouveaux produits enregistrés seront basés sur les technologies de thérapie génique », indique le communiqué de presse de l’AP-HP.

Dans ce contexte, les axes de travail de GenoTher sont « le développement de plateformes technologiques de pointe, de la recherche jusqu’à la production industrielle ; la mise au point de technologies de thérapies génique et cellulaire de nouvelle génération, intégrant des approches de pointe d’édition du génome in vivo et ex vivo, et les thérapies à base d’ARN, permettant d’étendre encore les domaines d’application de ces approches ; l’innovation de rupture dans le domaine de la bioproduction pour réduire drastiquement les coûts de production des biomédicaments et permettre leur accès au plus grand nombre ». Au premier rang des partenaires : l’AFM-Téléthon [3] (cf. Jacques Testart : « Le Téléthon, c’est quelque chose qui me choque beaucoup »).

Des infrastructures de recherche en génomique et thérapie cellulaire

Du côté des infrastructures de recherche[4], l’Etat doit « amplifier » son soutien avec 100 millions d’euros consacrés à renforcer leurs capacités, « tout en garantissant leur durabilité et leur fonctionnement optimal ».

Parmi les 16 premières INBS qui bénéficieront d’investissements, une est dédiée à la génomique, France Génomique, deux aux thérapies cellulaires. ECELL se présente comme « plateforme nationale pour la médecine régénératrice basée sur les cellules souches mésenchymateuses adultes ». INGESTEM est, elle, une infrastructure dédiée à « la bioproduction de cellules souches pluripotentes induites et les organoïdes ». La France aurait-elle enfin réalisé le potentiel des cellules iPS ? (cf. Les cellules iPS, alliées des chercheurs)

Des programmes de recherches sur le numérique… et la PMA

Le plan Innovation santé 2030 identifie également des « Programmes et équipements prioritaires de recherche » (PEPR).

Entre autres programmes, l’Inserm et l’Inria bénéficient de 60 M€ pour la santé numérique (cf. Le gouvernement publie une feuille de route du numérique en santé). L’Inserm et le CEA de 80 M€ pour les biothérapies et la bioproduction de thérapies innovantes, avec l’ambition de « rendre à la France sa place de leader européen en bioproduction pharmaceutique grâce à une politique industrielle et de recherche et innovation en santé offensive »[5].

Enfin, avec un budget de 30 M€, l’Inserm est également le pilote scientifique d’un programme dédié à la « santé des femmes / santé des couples ». Un programme qui s’intéresse à l’endométriose, « de la compréhension de ses mécanismes cellulaires à la prise en charge des patientes », mais qui couvre aussi « les domaines de la fertilité, de l’assistance médicale à la procréation ». S’agira-t-il seulement de santé ?

Complément du 12/12/2023 : Deux ans après le lancement du plan d’investissement « France 2030 », Emmanuel Macron a lancé sept nouveaux défis dont un dans le domaine de l’intelligence artificielle. Alors que plus de 360 projets ont été soutenus dans ce domaine et qu’un budget de 1,065 milliard d’euros a été accordé, il souhaiterait que, d’ici 2030, « une dizaine d’entreprises françaises à la pointe de la production de microcomposants essentiels au développement et l’emploi d’IA » émerge. (Source : Le Figaro, Elsa Bembaron, 11/12/2023)

 

[1] L’intégralité des mesures du plan France 2030 sur france2030.gouv.fr

[2] « 1 Md€ pour renforcer notre capacité de recherche biomédicale, en soutenant notamment la création de centres d’excellence et de bioclusters de dimension mondiale », « 550 M€ consacrés à la recherche dans le cadre de 4 priorités stratégiques : numérique en santé, biomédicaments-bioproduction, maladies infectieuses émergentes, dispositifs médicaux innovants », « 110 M€ dédiés à des programmes de recherche exploratoires ».

[3] GenoTher rassemble « plus de 30 acteurs » dans le domaine de la thérapie génique : des institutions académiques, des hôpitaux, une douzaine d’entreprises privées et des sociétés de capital-risque engagées. Les fondateurs de GenoTher sont : Généthon, Genopole, Université d’Evry – Paris – Saclay et Yposkesi, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, l’INSERM, Spark, Société de thérapie génique. Ses partenaires sont : AFM-Téléthon, Institut Imagine, Institut de Myologie (AIM), Université Paris-Est Créteil (UPEC), Thales, Samabriva, Polytheragen, Toulouse Biotech Institute, Whitelab Genomics, ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles), CentraleSupélec, IMT Group (Institut de Formation Professionnelle Industrielle) Ses « soutiens actifs » sont : France Biotech, Fondation Maladies Rares, Genosafe, Centre Hospitalier Sud Francilien, RD-Biotech, GTP Bioways, Evry-Courcouronnes, Grand Paris Sud, département de l’Essonne, Région Ile-de-France, Université Paris Saclay, Ipsen, Atamyo, Ampleia, Kurma, AdBio, General Inception.

[4] Infrastructures nationales en biologie et santé (INBS)

[5] « En se basant sur les nombreux atouts français, la stratégie favorisera l’émergence de nouvelles technologies ainsi que le passage à l’échelle des technologies existantes afin d’obtenir un outil de production flexible et adapté aux besoins réglementaires de productions des biomédicaments tout en allant vers la diminution du coût d’accès à ces nouveaux produits thérapeutiques. »

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