Greffe d’un cœur de porc : l’organe était infecté par un virus porcin

Publié le 5 Mai, 2022

Le cœur de porc greffé à un patient américain au début de l’année était porteur d’un virus porcin [1] « qui pourrait avoir fait échouer l’expérience et contribué à son décès deux mois plus tard » (cf. Décès du patient qui avait reçu un cœur de porc).

Une « quarantaine de jours » après la transplantation, l’état de David Bennett s’était dégradé. Suite à sa mort, « aucune cause évidente » n’avait été identifiée selon un communiqué de la faculté de médecine l’université du Maryland.

La cause de la mort ?

C’est au cours d’un webinaire de l’American Society of Transplantation, le 20 avril, que son chirurgien, Bartley Griffith, a révélé la présence de ce virus et ce qui avait été tenté pour le vaincre.

Les médecins ont en effet été confrontés à un « problème courant » en médecine des transplantations : « comment combattre les infections tout en gardant le système immunitaire du patient sous contrôle » (cf. Greffe d’organe : le quotidien à risque des immunodéprimés). Mais dans le cas de David Bennett, ils ne connaissaient pas « l’étendue réelle de l’infection ». Et « personne n’avait jamais traité un humain pour ce virus porcin particulier ».

La question fait désormais l’objet d’un « large débat parmi les spécialistes », qui pensent que l’infection a pu contribuer à la mort du patient. La société de biotechnologie qui a fourni le cœur de porc, Revivicor, s’est refusée à tout commentaire et n’a fait aucune déclaration publique.

Une remise en cause des xénogreffes ?

Le type de virus trouvé dans le cœur de porc transplanté ne serait pas capable d’infecter les cellules humaines, selon Jay Fishman, spécialiste des infections liées aux transplantations au Massachusetts General Hospital. Pourtant, le transfert de virus de porc à l’homme suscite des inquiétudes. En effet, « certains craignent que la xénotransplantation ne déclenche une pandémie si un virus s’adapte dans le corps d’un patient et se propage ensuite aux médecins et aux infirmières ». Une inquiétude « suffisamment grave pour nécessiter une surveillance à vie des patients ».

« C’est un signal d’alarme important », affirme Arthur Caplan, bioéthicien à l’université de New York. « Si les médecins ne peuvent pas prévenir ou contrôler l’infection, “alors de telles expériences sont difficiles à justifier” », estime-t-il.

 

[1] cytomégalovirus porcin

Source : MIT, Antonio Regalado (04/05/2022)

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