Fausses couches : accompagner psychologiquement la perte d’un enfant

Publié le 23 Jan, 2023

Le 17 janvier, une proposition de loi a été déposée par Sandrine Josso, députée MoDem de Loire Atlantique, afin d’améliorer la prise en charge de la fausse couche. Elle est cosignée de 48 autres députés.

Un sujet douloureux

Ce sujet douloureux est souvent occulté alors que pourtant « en France, une grossesse sur quatre se termine par une fausse couche ». « 200 000 femmes par an » sont concernées et « une femme sur dix traverse cette épreuve au cours de sa vie » rappelle la députée.

Bien que longtemps minimisée, une interruption spontanée de grossesse est toujours un événement traumatisant pouvant avoir un impact sur la santé mentale des femmes.

Comme l’ont démontré les résultats de deux études [1] (cf. Fausses couches : un rapport du Lancet plaide pour une meilleure prise en charge et Une fausse couche peut entraîner un stress post-traumatique) des troubles psychiques peuvent survenir après une fausse couche précoce ou une grossesse extra-utérine. « Près d’une femme sur trois souffrirait de stress post‑traumatique, avec des symptômes de reviviscence, d’évitement et d’hypervigilance neurovégétative pouvant perdurer, pour une personne sur six, jusqu’à neuf mois. 25 % des femmes interrogées présenteraient des symptômes d’anxiété modérée à sévère et 10 % d’entre elles souffriraient de dépression » indiquent-elles.

Développer un accompagnement psychologique

Même précoce, la perte d’un enfant non né et la fin de la grossesse entrainent un deuil, deuil d’autant plus difficile que le silence entoure souvent la fausse couche qui est peu prise en compte. Un soutien psychologique peut donc s’avérer nécessaire pour permettre aux femmes de faire face. A l’heure actuelle, cet accompagnement est rarement proposé. Il n’existe pas de protocole d’accompagnement psychologique adapté aux fausses couches dans notre pays.

En 2022, différentes initiatives avaient attiré l’attention sur ce sujet douloureux (cf. Fausses-couches : reconnaître la douleur de la perte d’un enfant non né). La proposition déposée en ce début d’année entend mettre en place une prise en charge adaptée. Elle prévoit d’informer les femmes concernées de la possibilité d’un accompagnement psychologique et d’assurer sa prise en charge par l’Assurance maladie.

La même attention pourrait-elle être portée à la souffrance des parents en cas d’avortement ? (cf. A Boston, 12 semaines de congés payés après un avortement) N’y a-t-il pas un paradoxe entre cette proposition de loi et celle visant à constitutionnaliser un “droit à l’IVG” ?

Photo : iStock

 

[1] Farren J, Jalmbrant M, Ameye L, Joash K, Mitchell-Jones N, Tapp S, Timmerman D, Bourne T. Post-traumatic stress, anxiety and depression following miscarriage or ectopic pregnancy: a prospective cohort study. BMJ Open. 2016 et Farren J, Jalmbrant M, Ameye L, Joash K, Mitchell-Jones N, Tapp S, Timmerman D, Bourne T. Post-traumatic stress, anxiety and depression following miscarriage or ectopic pregnancy: a prospective cohort study. BMJ Open. 2016

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