Don d’organes : premières greffes à cœur battant

Publié le 26 Avr, 2023

En octobre dernier, le Dr Joseph Woo, professeur et président du département de chirurgie cardiothoracique de l’Université de Stanford, et son équipe, ont transplanté un cœur, provenant d’un donneur en état de mort circulatoire, pendant qu’il battait [1]. Ils ont publié la procédure en mars dans le Journal of Thoracic and Cardiovascular Surgery Techniques.

Cette technique a été réitérée à cinq reprises par des chirurgiens de l’Université de médecine de Stanford. Le Dr John MacArthur, professeur adjoint de chirurgie cardiothoracique, et le Dr Brandon Guenthart, professeur adjoint clinique de chirurgie cardiothoracique, l’ont utilisée sur des adultes tandis que le Dr Michael Ma, professeur adjoint de chirurgie cardiothoracique, a récemment entrepris le premier cas pédiatrique.

Deux méthodes de transplantation

L’objectif de cette nouvelle méthode est d’améliorer l’état des organes à transplanter et d’augmenter le nombre d’organes disponibles (cf. La « ressuscitation partielle », un nouveau protocole de prélèvement d’organes).

En effet, la plupart des cœurs transplantés sont issus de donneurs en état de mort cérébrale, maintenus en vie jusqu’au prélèvement et dont le cœur ne s’est arrêté qu’une fois. Dans ce cas, il est « plus facile » de stabiliser l’organe.

Or, réaliser des greffes de cœurs issus de donneurs décédés après un arrêt cardiaque augmenterait leur nombre de 30 à 50%. Cependant, dans ces cas, les « résultats » sont « moins bons » car le cœur est arrêté à deux reprises : au moment du décès et avant la transplantation, au risque d’endommager l’organe. La privation d’oxygène diminuerait aussi les chances de survie après transplantation.

« Heart in a box »

Pour répondre à cette problématique, des chercheurs ont développé un dispositif, « heart in a box », dans lequel l’organe est perfusé avec du sang chaud et oxygéné. Cette technique permet de rétablir le fonctionnement du cœur sans arrêter ses battements.

En utilisant cette procédure, les chirurgiens de Stanford ont, au cours d’une opération de quatre heures, transféré l’organe vers une machine de dérivation cardio-pulmonaire qui prenait déjà en charge le patient avant de transplanter l’organe encore battant chez le receveur.

Une technique « révolutionnaire »

Cette technique « révolutionnaire » comme la qualifie Joseph Woo, permettrait de « repousser les limites de la technologie moderne et des soins de santé ». « Nous cherchons des moyens de ne jamais avoir à arrêter le cœur – c’est la prochaine étape » ajoute Brandon Guenthart (cf. Australie : vers le don d’organes de son vivant ?).

 

[1] Aravind Krishnan et al, First-in-human beating-heart transplant, JTCVS Techniques (2023). DOI: 10.1016/j.xjtc.2023.02.015

Sources : Medical Xpress, Roxanna Van Norman (21/04/2023) ; Futura Sciences, Claire Manière (24/04/2023)

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