Des spermatozoïdes « fabriqués » à partir de cellules souches embryonnaires de primates

Publié le 21 Oct, 2021

Des chercheurs de l’université de Géorgie ont « fabriqué » des spermatozoïdes fonctionnels in vitro à partir de cellules souches embryonnaires de primates. Leurs résultats sont publiés dans la revue Fertility and Sterility Science[1]. L’objectif annoncé de ces recherches est, à terme, de « traiter » l’infertilité masculine.

Les cellules souches embryonnaires utilisées proviennent de singes macaques rhésus. Ces cellules ont été mises en culture pour générer des « spermatozoïdes immatures », les spermatides. Et ces spermatides ont été utilisés pour féconder un ovule de macaque rhésus[2].

D’autres études ont déjà été menées pour produire des spermatozoïdes à partir de cellules souches de rongeurs (cf. Une équipe chinoise produit des souriceaux à partir de deux souris femelles ; Du sperme artificiel pour contourner l’infertilité génétique masculine). Ici, « nous avons utilisé une espèce plus pertinente [en vue d’une application humaine] et nous avons réussi à fabriquer des embryons sains », se félicite Charles Easley, auteur principal de l’étude[3]. Avec son équipe, ils prévoient d’implanter les embryons de macaques ainsi obtenus chez une femelle macque rhésus. Si le macaque naît en bonne santé, ils renouvelleront les expériences avec des cellules de peau de macaque.

 

[1] Sujittra Khampang et al, Blastocyst Development after Fertilization with in vitro Spermatids Derived from Non-Human Primate Embryonic Stem Cells, F&S Science (2021). DOI: 10.1016/j.xfss.2021.09.001

[2] Dans le cas d’une fécondation in vitro avec un spermatozoïde immature, l’ovule doit être « activé » et le milieu de culture contenir un certain nombre de facteurs.

[3] NDLR : D’autres expériences ont aussi été menées à partir de cellules humaines : Des spermatozoïdes humains artificiels non fonctionnels créés à partir de cellules de peau ; Japon : des cellules souches humaines génèrent des précurseurs d’ovocytes ; Des chercheurs japonais convertissent des cellules souches en quasi-ovocytes

 

Source : Medical Press, Lauren Baggett, Université de Géorgie (19/10/2021)

Pour aller plus loin : Gamétogenèse in vitro : à la porte de la science-fiction

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