Contraception : une réaction plus négative au stress

Publié le 11 Déc, 2023

Selon une étude de l’UCLA Health, publiée dans la revue Brain, Behavior, and Immunity [1], les femmes sous contraception hormonale traitent le stress différemment au niveau moléculaire et psychologique (cf.  Contraception : un impact sur la régulation du stress).

Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont analysé la réaction de près de 130 femmes, 60 utilisant des contraceptifs hormonaux et 67 ayant un cycle naturel sans contraception. Elles ont fourni un premier échantillon de salive aux chercheurs qui ont également évalué leur humeur et leur niveau de stress. Puis, elles ont été confrontées à un test de stress consistant à prononcer un discours de cinq minutes devant une personne impassible et à compter à rebours à partir de 1022 par intervalles de 13 pendant cinq minutes. A chaque erreur, elles devaient recommencer. A la fin de cette épreuve, elles ont donné aux chercheurs un second échantillon de salive. Leur humeur et leur niveau de stress ont de nouveau été évalués.

Les chercheurs ont constaté que les femmes sous contraception présentent des niveaux plus élevés d’une cytokine [2] pro-inflammatoire, appelée TNF-alpha, avant et après le test de stress. Selon l’étude, elles ont une réaction émotionnelle plus négative au stress que celles qui ne prennent pas la pilule. De plus, leur taux de cortisol [3] augmente.

Les pilules contraceptives contiennent diverses hormones synthétiques qui se lient à différents types de récepteurs dans le corps. Selon l’étude, les hormones de synthèse contenues dans certains contraceptifs qui se lient davantage aux récepteurs des androgènes [4], peuvent être à l’origine de la différence dans la réponse inflammatoire au stress.

D’autres études ont montré que les pilules contraceptives hormonales peuvent augmenter le risque d’inflammation chronique entraînant à long terme des risques de cancer, de maladies cardiovasculaires, de troubles auto-immuns et des troubles de l’humeur y compris la dépression (cf. La contraception hormonale favorise le risque d’AVC chez les femmes ? ; Contraception : un impact sur l’anatomie du cerveau ? ; Contraception hormonale : un risque accru de développer des maladies auto-immunes).

D’après une étude des Nations unies de 2019, plus de 300 millions de femmes dans le monde prennent des pilules contraceptives.

 

[1] Summer Mengelkoch et al, Hormonal contraceptive use is associated with differences in women’s inflammatory and psychological reactivity to an acute social stressor, Brain, Behavior, and Immunity (2023). DOI: 10.1016/j.bbi.2023.10.033

[2] Molécules impliquées dans le développement et la régulation des réponses immunitaires

[3] Hormone stéroïdienne qui agit pour réduire l’inflammation

[4] Il s’agit de sites dans le corps où la testostérone se lie habituellement.

Source : Medical Xpress (06/12/2023)

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