Cancer du sein : débat autour de la généralisation du dépistage génétique

Publié le : 10 septembre 2014

Le 3 septembre dernier, la revue scientifique JAMA – Journal of the American Medical Association – publiait les résultats d’une étude réalisée entre 1998 et 2011 auprès de 189 734 femmes, vivant en Californie et chez lesquelles un cancer du sein a été diagnostiqué. Globalement, que les femmes aient subi des traitements habituellement pratiqués, à savoir une ablation chirurgicale de la tumeur suivie ou non d’une radiothérapie, ou qu’elles aient subi une double mastectomie, l’étude révèle que l’espérance de vie de ces femmes est la même. 

 

Cette étude est la première qui cherche « à comparer les taux de survie après les trois principales interventions chirurgicales employées pour traiter la maladie » précise le journaliste Jean-Yves Nau sur son Blog : double mastectomie (ablation des deux seins), simple mastectomie (ne concernant que le sein affecté), ou ablation des tissus cancéreux suivie d’une radiothérapie. Principale question à laquelle les chercheurs ont essayé de repondre : « pourquoi un nombre grandissant de femmes optaient pour l’ablation de leurs seins« ?

 

Parmi les femmes ayant participé à l’étude : « 55 % ont eu une ablation de la tumeur mammaire suivie d’une radiothérapie, 38,8 % une mastectomie unilatérale et 6,2 % une double mastectomie à visée curative et préventive« . Les chercheurs mentionnent aussi qu’ « en 2011, 12 % des patientes (contre 2 % en 1998) souffrant d’un cancer du sein ont choisi de subir une double mastectomie« .

Avec cette étude, précise le Dr Jurian, de l’Université de Stanford, à l’origine de l’étude, « nous pouvons désormais dire qu’une patiente souffrant d’un cancer à un sein et subissant une double mastectomie n’aura pas de meilleure chance de survie que celle à qui on a enlevé la tumeur et qui a été traitée par radiothérapie », une « mise en garde » précise Jean-Yves Nau. 

 

Dans un article récemment publié dans le JAMA également, la généticienne  Mary-Claire King, récemment récompensée par le prix Lasker (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 9 septembre 2014) recommande une généralisation des tests génétiques de dépistage des mutations des gènes BRCA1 et 2, mutations qui prédisposeraient au cancer du sein et de l’ovaire. 

 

Si la généticienne Mary-Claire King semble certaine de l’efficacité de ce type de test, ce n’est pas le cas de tous les chercheurs. En effet, le journaliste J-Y Nau précise que « de nombreux experts américains estiment que de sérieuses études complémentaires doivent encore être menées avant de conclure ». Des chercheurs qui « soulignent également l’impact économique majeur d’une telle entreprise dans un pays [ndlr: les Etats-Unis] où le dépistage génétique (et ses éventuelles conséquences chirurgicales) n’est pas pris en charge par la collectivité« . 

 

<p>Blog de Jean-Yves Nau 3/09/2014 - 09/09/2014</p>

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