70 spécialistes dénoncent une «euthanasie qui ne dit pas son nom» et demandent le transfert de Vincent Lambert dans une unité spécialisée



Soixante-dix médecins et professionnels spécialisés dans la prise en charge de personnes cérébro-lésées en état végétatif ou pauci-relationnel (EVC-EPR) publient une tribune dans Le Figaro pour dénoncer les  «conditions de vie imposées à M. Vincent Lambert ».

 

« Nous tenons à exprimer, en notre âme et conscience, notre incompréhension et notre extrême inquiétude au sujet de la décision d'arrêt de nutrition et hydratation artificielles concernant M. Vincent Lambert ».

 

Ils expliquent que, bien que la plupart d’entre eux ne connaissent pas le patient, il leur « apparaît semblable aux patients relevant de nos unités EVC-EPR, de ceux qui n'ont même pas de trachéotomie. Il est manifeste qu'il n'est pas en fin de vie ». Ces professionnels de la Santé, dont certains «ont une expérience de trente à quarante ans de soins et de réflexion autour de ces personnes » rappellent la pertinence de « la circulaire du 3 mai 2002, qui a marqué une étape essentielle pour l'organisation et la qualité de la prise en charge des personnes EVC-EPR » et qui « constitue une référence toujours d'actualité ».

 

Ils s’interrogent  «sur le fait qu'une même équipe soignante assure des soins à la fois à des patients en fin de vie et à des patients cérébro-lésés : il y a là deux logiques antinomiques qui ne peuvent cohabiter » et regrettent « qu'à aucun moment de cette terrible histoire l'avis d'une équipe expérimentée n'ait été sollicité devant une décision aussi grave ».

 

« Nous dénonçons les conditions de vie imposées à M. Vincent Lambert. aussi incompréhensibles qu'inadmissibles. Elles s'apparentent à une incarcération prolongée, indigne de son état, de sa personne, de ses proches. Elles nous apparaissent contraires à toute éthique et déontologie médicales ».

 

Ces spécialistes demandent une prise en charge de Vincent Lambert en unité ou maison spécialisée, expliquant que « les patients y font souvent des progrès étonnants qui surprennent toujours les soignants », et «que tous se sont révélés être capables de relations interpersonnelles avec leur entourage, plus ou moins élaborées, mais toujours existantes et vérifiées ».

 

« Là où nous entendons dire: ‘acharnement thérapeutique’, nous ne voyons qu'abandon thérapeutique et maltraitance sur personne vulnérable; et nous demandons une reprise des soins physiques et relationnels ».

 

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