Toujours des stérilisations forcées au Canada ?

Publié le 2 Oct, 2023

Le Gouvernement canadien a déclaré « s’efforce[r] de toute urgence de mettre un terme à la stérilisation forcée des femmes autochtones ». Une « violation des droits de l’homme » et un « délit passible de poursuites ». La police a toutefois indiqué ne pas mener d’enquête criminelle sur une affaire récente en la matière. Un médecin s’est excusé pour sa « conduite non professionnelle » suite à la stérilisation d’une femme inuite.

« Une affaire cruciale pour le Canada »

En 2019, cette résidente de Yellowknife avait subi une intervention chirurgicale destinée à « soulager ses douleurs abdominales ». Le Dr Andrew Kotaska qui l’a opérée l’a stérilisée sans avoir recueilli son consentement, et en dépit des protestations d’autres membres du personnel médical. Elle l’a donc poursuivi en justice.

« Il s’agit d’une affaire cruciale pour le Canada, souligne le Dr Unjali Malhotra, de la First Nations Health Authority en Colombie-Britannique, car elle montre que la stérilisation forcée est toujours pratiquée. » « Il est temps que cette pratique soit considérée comme un crime », plaide-t-elle.

Le Dr Kotaska a présenté des excuses publiques le mois dernier, indiquant qu’il pensait avoir agi dans ce qu’il pensait être « le meilleur intérêt de la femme ».

Des mesures disciplinaires temporaires

Le Gouvernement a de son côté déclaré que toute personne pratiquant une stérilisation forcée pouvait être accusée d’agression. Il appartient à la police de décider s’il y avait lieu d’ouvrir une enquête criminelle.

En l’espèce, aucune plainte n’a été déposée au pénal car la victime reste « traumatisée » d’avoir participé à une enquête de la commission médicale, a précisé son avocat, Me Steven Cooper. Pourtant, pour Lisa Kelly, professeur de droit pénal à la Queen’s university, la victime n’est pas tenue de participer à l’enquête s’il existe d’autres « preuves irréfutables ».

En mai, les autorités médicales des Territoires du Nord-Ouest avaient suspendu l’autorisation d’exercer du Dr Kotaska pour cinq mois. Il a dû payer une partie des frais de procédure et suivre un cours d’éthique. Le médecin entend désormais reprendre son activité « avec humilité ».

 

Source : AP news, Maria Cheng (27/09/2023) – Photo : Pixabay

Partager cet article

[supsystic-social-sharing id='1']

Synthèses de presse

Suisse : une « capsule » pour se suicider « très bientôt » ?
/ Fin de vie

Suisse : une « capsule » pour se suicider « très bientôt » ?

L'organisation The Last Resort a indiqué que la « capsule » de suicide assisté Sarco pourrait être utilisée « très bientôt » pour la ...
Neurotechnologies : l’urgence d’instaurer des « neurodroits »
/ Transhumanisme

Neurotechnologies : l’urgence d’instaurer des « neurodroits »

Rafael Yuste, neurobiologiste, professeur à Columbia et cofondateur de la NeuroRights Foundation, appelle à instaurer des « neurodroits » au ...
Myopathie de Duchenne : « fragmenter » des gènes avant de les reconstituer
/ Génome

Myopathie de Duchenne : « fragmenter » des gènes avant de les reconstituer

Des chercheurs ont découvert une « nouvelle manière de traiter la dystrophie musculaire de Duchenne » qui pourrait s'appliquer à d'autres pathologies ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres