Syndrome de Rett : une approche pour réactiver la fonction neuronale

Publié le 24 Jan, 2023

Des chercheurs sont parvenus à « réactiver » en laboratoire les « copies normales » du gène MECP2 impliqué dans le syndrome de Rett, ce qui pourrait permettre de « rétablir efficacement la fonction neuronale ». Ils testent actuellement leur approche sur un modèle murin atteint du syndrome de Rett, pour voir s’ils peuvent rétablir un « comportement normal ». Leurs travaux ont été publiés le 18 janvier dans la revue Science Translational Medicine [1].

CRISPR pour réactiver les gènes réduits au silence

Le syndrome de Rett est un trouble neurodéveloppemental rare et progressif qui touche généralement les filles. Il entraîne une déficience intellectuelle grave, une perte des capacités motrices et des symptômes semblables à ceux de l’autisme. Il n’existe actuellement aucun traitement curatif.

Cette pathologie est causée par une mutation du gène MECP2 du chromosome X, induisant une perte de fonction. Les femmes possèdent deux copies de ce gène, une sur chaque chromosome X. Dans la plupart des cas de syndrome de Rett, une seule copie présente la mutation. La maladie survient parce que l’autre copie, normale, est désactivée dans les neurones par un processus appelé « inactivation du chromosome X ». Les chercheurs ont utilisé un outil CRISPR modifié[2] afin de réactiver les gènes réduits au silence. Ils espèrent que cette stratégie pourra devenir une thérapie efficace pour le syndrome de Rett.

Vers un traitement ?

Les chercheurs avaient déjà utilisé leur outil pour « restaurer les neurones » affectés par le syndrome de l’X fragile, en supprimant la méthylation du gène FMR1, réduit au silence (cf. Edition épigénétique : un interrupteur « marche-arrêt » pour contrôler l’expression des gènes). Ce trouble du développement neurologique entraîne une déficience intellectuelle principalement chez les garçons.

Les chercheurs travaillent sur la manière de rendre cette approche utilisable chez l’homme, afin de pouvoir in fine traiter les patients. La méthode pourrait aussi servir pour d’autres maladies liées au chromosome X.

 

[1] Junming Qian et al, Multiplex epigenome editing of MECP2 to rescue Rett syndrome neurons, Science Translational Medicine (2023). DOI: 10.1126/scitranslmed.add4666

[2] Les chercheurs ont modifié CRISPR/Cas9 afin qu’il active ou de désactive les gènes, au lieu de les modifier. Pour ce faire, l’outil supprime les groupes méthyles, des marqueurs chimiques qui s’attachent à l’ADN et affectent l’expression des gènes. Et au lieu de coupler CRISPR avec la protéine, ils l’ont couplé avec la protéine Cpf1.

Source : Medical Xpress, Greta Friar (20/01/2023) – Photo : iStock

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