Réactions à l’adoption de la proposition de loi par la Commission des Affaires sociales du sénat

Publié le : 5 octobre 2012

Après l’adoption par la Commission des Affaires sociales du Sénat d’une proposition de loi visant à autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 03/10/12), Catherine Lemorton, présidente PS de cette commission « a estimé jeudi, [à l’occasion d’un colloque sur l’industrie pharmaceutique] que le gouvernement était prêt à revenir sur l’interdiction de la recherche sur les embryons« . Elle a précisé : « notre pays est très en retard sur les lois de bioéthique. Je fais partie de celles qui disent qu’il faut des recherches sur les embryons« , ajoutant qu’elle se voulait « assez offensive » dans ce dossier, qu’elle avait « déjà posé la question au ministère(…) et [que] la réponse est ‘oui bien sûr, on va y revenir’ « . Toutefois, elle n’a pas donné de calendrier.
Enfin, elle a indiqué : « majoritairement, dans mon groupe parlementaire, on est pour la recherche sur les embryons parce qu’on estime que c’est tout un pan de matière qui échappe à nos chercheurs« , estimant que cela « aiderait les industriels à avancer« .

Dans un communiqué paru le 4 octobre, la Fondation Jérôme Lejeune réagit et s’inquiète car selon elle, cette proposition de loi pourrait « abattre, en catimini, lundi 15 octobre, un pilier du droit français« . Elle considère qu’ »il faut s’interroger sur cette révision précipitée et par la petite porte d’un sujet au cœur du débat bioéthique il y a un an, notamment au moment des états généraux de la bioéthique« . En effet, si la recherche sur l’embryon était autorisée, la fondation explique que « cette transformation constituera un bouleversement du droit français organisé autour de cet interdit fondateur : ‘la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie’ (art. 16 Code civil). Il s’agira d’un changement de paradigme inédit aux termes duquel la protection de l’être humain deviendra une exception à la règle nouvelle de sa non protection« .
Enfin, concernant l’évolution de la recherche, elle précise qu’ « en 2011, aucun chercheur ne dit avoir été gêné par le régime d’interdiction assorti de dérogation. Ce sont certains laboratoires de l’industrie pharmaceutique, ambitionnant de pouvoir utiliser sans contraintes les cellules souches embryonnaires, qui voulaient faire tomber ces restrictions. Le Président de la République et sa majorité vont-ils sacrifier l’embryon humain au profit d’intérêts commerciaux de laboratoires ?« 

<p>AFP 04/10/12 – Zenit.org 04/10/12 - Libertepolitique.com 05/10/12</p>

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