Nouvelle-Zélande : les évêques s’opposent à la loi sur la fin de vie

Publié le : 21 septembre 2020

« Il me semblait juste que si une personne en phase terminale voulait avoir le contrôle sur le moment et le mode de sa mort, c’était son affaire. Mais comme le savent tous ceux qui ont vu un être cher souffrir d’une maladie en phase terminale, la mort n’est jamais aussi simple. » Tracy Watkins témoigne du décès de sa mère « morte d’une mort atroce » « trois ans après avoir reçu un diagnostic de cancer ». « La culpabilité de se sentir impuissante à faire quoi que ce soit pour soulager sa douleur ne m’a jamais quittée, ni mes frères et sœurs », confesse la néo-zélandaise. « Cela a aussi complètement changé mon point de vue sur l’euthanasie, affirme-t-elle. C’est la raison pour laquelle je voterai contre la loi de David Seymour sur le choix de la fin de vie lors du prochain référendum. »

« Il n’y a aucune excuse pour un système de santé qui permet à une personne de passer ses derniers jours dans une douleur atroce et de supplier ses enfants de la tuer », juge Tracy Watkins. « Parce que choisir la mort dans ces circonstances n’est pas un choix libre. C’est une décision motivée par une douleur atroce, des quantités industrielles de médicaments psychotropes, un échec des soins palliatifs et un désir désespéré de faire quelque chose – n’importe quoi – qui y mettra fin. » Pour la néo-zélandaise, « c’est un débat que nous ne devrions même pas avoir tant que nous n’avons pas fait quelque chose sur la façon dont nous prenons soin des mourants. Parce que nous ne devrions pas avoir à choisir entre le suicide et la mort dans l’agonie ».

Une loi dénoncée par les évêques néo-zélandais

Alors que la loi sur la fin de vie s’apprête à être soumise au vote des citoyens de Nouvelle-Zélande par voie de référendum le 17 octobre prochain, les évêques catholiques ont publié une déclaration s’opposant à cette loi. Ils dénoncent notamment que « les personnes âgées et handicapées se trouvent dans son champ d’application ».

Les évêques déplorent également que le patient ne soit pas tenu de discuter de sa décision avec « un membre de la famille ou une autre personne importante ». Et pointent la faiblesse des dispositifs pour détecter d’éventuelles pressions pour recourir à l’euthanasie.

 

Sources : Stuff, Tracy Watkins (20/09/2020) – RNZ (20/09/2020)

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