Nouveaux tests de dépistage prénatal: « la trisomie sert de frontière à l’eugénisme »

Publié le : 14 mai 2013

Dans un tribune publiée dans le quotidien La Croix, Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, réagit à l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) relatifs aux nouveaux tests prénataux capables, notamment, de dépister, de manière ultra-précoce, la trisomie 21 (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 25/04/2013). Jean-Marie Le Méné explique qu’en se contentant de rendre un avis technique, le CCNE « choisit son camp, celui de la technoscience et du marché » au détriment de l’éthique. De ce fait il s’interroge sur le rôle de cette institution.

 

Deux fautes de raisonnement « impardonnables » sont commises par ce comité dénonce le président de la fondation Lejeune.
D’une part « [le CCNE] relève que le nouveau test ne changera rien à un système d’éradication déjà abouti! » ( 95% des foetus trisomiques 21 diagnostiqués sont éliminés). Au lieu d’appliquer « le principe de précaution [qui] enjoindrait, au minimum, de suspendre le système« , le CCNE approuve un « test plus efficace dont il admet lui-même qu’il aura pour conséquence de diminuer encore le nombre de naissances trisomiques« . Mais puisque « la société a déjà fait un choix délétère avec le dépistage actuel » le CCNE considère que le « perfectionnement » du dépistage actuel « n’entraîne donc pas un problème éthique nouveau« , et le qualifie même de « progrès éthique » puisqu’il limiterait « les risques de perte d’un enfant sain liés à l’amniocentèse« .

 

D’autre part, il « applique un jugement différent » selon que la maladie diagnostiquée est ou non une trisomie 21. Si le Comité commet un déni éthique concernant la trisomie, voilà qu’il s’inquiète des autres pathologies graves et incurables, diagnostiquables par ces nouveaux tests, et donc « justiciables d’une demande d’IMG« . Le CCNE « crée arbitrairement deux situations différentes pour la trisomie et pour les autres pathologies. La trisomie sert de frontière à l’eugénismeJusqu’à la trisomie, celle-ci comprise, il n’y a pas d’eugénisme » critique Jean-Marie Le Méné.

Déjà Pierre le Coz, vice-président du CCNE jusqu’en 2012, précisait: « Nous vivons dans un monde régi par un processus technique […] [dont] les progrès sont si éblouissants que l’on ne peut qu’y acquiescer. C’est pourquoi tout ce qui est possible sera réalisé« . Pour le président de la Fondation Jérôme Lejeune, « sur la foi d’un aveu aussi lucide, la dissolution du CCNE devrait être actée. Pour éviter de délivrer une caution éthique aux firmes […] qui attendent avec impatience de toucher les dividendes de l’eugénisme ». 
 

<p>La Croix (Jean-Marie Le Méné) 14/05/2013</p>

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