Neuralink : un essai clinique annoncé en 2022

Publié le 28 Jan, 2022

Fondée en 2016 par Elon Musk, la société Neuralink développe des « implants cérébraux d’interfaces neuronales directes ». Après des essais « concluants » sur le singe, Elon Musk souhaite entreprendre des essais sur l’homme en 2022. Il l’a annoncé sur Twitter en décembre dernier : « Nous espérons poser l’implant chez nos premiers humains, qui servira à traiter les lésions graves de la moelle épinière, comme les tétraplégiques, l’année prochaine » (Cf. Elon Musk présente le premier dispositif d’interface cerveau-machine).

L’implantation de puces dans le cerveau d’humains permettraient « d’enregistrer et de stimuler l’activité cérébrale ». Destinées à un usage médical, il s’agirait dans un premier temps, de « permettre à des personnes atteintes de handicaps physiques de récupérer leur capacité de mouvement » (Cf. E-santé : un implant cérébral permet à une aveugle de percevoir des motifs).

La société a lancé plusieurs recrutements. Elle embauche « un directeur d’essais cliniques, ce qui indique que l’objectif de longue date de la société d’implanter des puces dans le cerveau humain se rapproche ». Neuralink recherche aussi « un coordonnateur d’essais cliniques ».

L’inquiétude des experts

Mais, plusieurs experts en neurosciences s’inquiètent dans le Daily Beast, de ces annonces. Ils soutiennent que « l’humanité n’est peut-être pas prête pour ce saut et la question devrait être mieux étudiée et discutée avant toute action pratique ». Ainsi, le docteur Karola Kreitmair, professeur adjoint de bioéthique à l’Université du Wisconsin-Madison, a déclaré au journal : « Je ne pense pas qu’il y ait suffisamment de discours public concernant les implications majeures de cette technologie ». Il ajoute : « Je crains qu’il puisse y avoir un mariage difficile entre une entreprise à but lucratif et ces interventions médicales qui, je l’espère, sont là pour aider les gens ».

Pour d’autres scientifiques « il reste encore un certain nombre de problèmes éthiques auxquels Elon Musk n’a pas encore répondu ». Par exemple, si un patient participant à l’expérience y renonce au milieu de l’essai ou développe un effet secondaire indésirable. Le docteur Laura Cabrera, chercheuse en neuroéthique à la Penn State University, s’alarme : « ce que j’ai vu, c’est que nous sommes très bons pour déployer un dispositif. Mais si quelque chose ne va pas, nous n’avons pas la technologie pour les explanter sans causer de dommages aux tissus ».

De même, le docteur Nita Farahany, chercheuse en technologies émergentes à la Duke University School of Law, estime que « notre cerveau est le dernier bastion de notre liberté, le point ultime de notre vie privée » (cf. Interfaces cerveau-ordinateur : une menace pour notre vie privée ?). Elle s’inquiète : « il y a un risque d’utilisation abusive par les entreprises, par les gouvernements, par de mauvais acteurs. Lorsqu’une entreprise comme Neuralink promet de se lancer dans les tests sur l’homme, je pense que cela devrait mettre le monde en alerte, que le moment est venu pour nous de développer des concepts plus robustes de liberté cognitive ».

Sources : 20 Minutes, David Manfredini (20/12/21) ; TechXPlore, Sarah McBride (20/01/2022) ; Netcost-security, Pierre (27/01/2022) ; Futura Sciences (19/12/2021)

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