Neuralink : plainte et enquête pour maltraitance animale

Publié le 18 Fév, 2022

Aux Etats-Unis, une association de médecins « opposée à la maltraitance animale dans la recherche » [1] a porté plainte contre Neuralink et l’université UC Davis [2], pour avoir maltraité les singes sujets des expérimentations visant à développer des implants cerveau-machine. Selon la plainte déposée, « les singes ayant reçu l’implant cérébral auraient souffert de divers problèmes de santé ». Le Département d’agriculture américain (USDA) a confirmé à l’association avoir ouvert une enquête.

Saignements, infections, euthanasies

« Nous avons passé en revue environ trois ans de rapports concernant la recherche de Neuralink à UC Davis, où il était assez évident que tous les singes qui ont reçu les implants vivaient dans un état misérable, avec des saignements et des infections à répétition », explique Jeremy Beckman de l’association à l’origine de l’action contre Neuralink. Suite à une première plainte l’association a eu accès à des documents relatifs à la recherche.

« Dans certains cas, les singes ont eu des crises convulsives juste après l’implantation. Et, selon les chercheurs, les singes paraissaient déprimés. » Des accusations démenties par Neuralink qui a tout de même reconnu « qu’un des singes a dû être euthanasié suite à l’utilisation de BioGlue[3], quatre autres à cause d’infections, et un à cause d’une défaillance de l’implant ». Seuls 7 des 23 singes sur lesquels ont été menées des expériences étaient encore en vie en 2020, au terme du partenariat entre Neuralink et l’UC Davis.

De prochaines expériences chez l’homme ?

Aux États-Unis, les entreprises privées peuvent mener des expériences sur des primates, à condition de se soumettre à la loi sur le bien-être animal de l’USDA. « Mais puisqu’ils n’ont pas d’obligation de publier leurs données, il est presque impossible, à part s’il y a un lanceur d’alerte, de savoir s’ils respectent la loi ou pas », déplore Jeremy Beckman.

« Vu le piteux état des singes qui ont reçu l’implant de Neuralink, je doute fortement qu’ils soient prêts à essayer de le faire chez des humains, juge-t-il. Ces équipes sont habituées à faire des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir. » (cf. Neuralink : un essai clinique annoncé en 2022)

 

[1] Physicians Committee for Responsible Medicine

[2] L’université a collaboré avec Neuralink dans le cadre des expérimentations menées sur des primates.

[3] une colle chirurgicale produite par l’entreprise CryoLife, « approuvée la FDA pour suturer des vaisseaux sanguins, mais déconseillée pour les chirurgies du cerveau ». Selon la FDA, « elle ne doit pas être en contact avec des vaisseaux cérébraux ni avec des nerfs ».

Sources : Sciences et avenir, Nicolas Gutierrez C (16/02/2022) ; Le Big Data, Bastien L. (15/02/2022)

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