L’OMS pose des garde-fous à l’utilisation de l’intelligence artificielle

Publié le 29 Juin, 2021

Après deux ans de travail, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publie son premier rapport sur l’utilisation de l’Intelligence Artificielle (IA) dans le domaine de la santé. Grandes sont les attentes vis-à-vis de l’IA dans ce domaine. Cependant, l’OMS rappelle que l’éthique et les droits de l’homme doivent être placés au centre de la conception et de l’utilisation de l’IA. « L’intelligence artificielle recèle un énorme potentiel d’amélioration de la santé de millions de personnes dans le monde, mais comme toutes les technologies, elle peut également être utilisée à mauvais escient et causer des dommages », a déclaré le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Ainsi, ce rapport établi par l’OMS se veut « un guide précieux aux pays sur la façon de maximiser les avantages de l’IA, tout en minimisant ses risques et en évitant ses pièges. »

L’IA est déjà utilisée pour améliorer le diagnostic, le dépistage des maladies et les soins cliniques des patients (cf. Intelligence artificielle et santé : « Qui est responsable à la fin du diagnostic ? » ; Intelligence artificielle et médecine : un vrai progrès ? ; Intelligence artificielle et médecine, le miroir aux alouettes ?). De même, elle peut contribuer à la recherche et à la mise au point de traitements. Enfin, elle peut aider les patients à prendre en compte l’évolution de leurs besoins et leur assure un accès simplifié aux services de santé.

Cependant, l’OMS met en garde contre « la surestimation des avantages de l’IA pour la santé, en particulier lorsque cela se fait au détriment des investissements de base et des stratégies nécessaires pour parvenir à la couverture sanitaire universelle. » Elle rappelle également, que la collecte et l’utilisation des données de santé ne doivent pas être contraires à l’éthique (cf. Données de santé : le patient devenu produit). Elle alerte aussi sur l’utilisation commerciale qui pourrait être faite des données de santé ainsi collectées.

Il n’y aura pas de conception d’intelligence artificielle sans formation numérique des personnels de santé qui utiliseront ces nouvelles technologies, souligne l’OMS. Il faut être conscient que « les gouvernements, les fournisseurs et les concepteurs doivent travailler ensemble pour répondre aux préoccupations en matière d’éthique et de droits de l’homme à chaque étape de la conception, du développement et du déploiement d’une technologie d’IA ».

Dans son rapport « Ethique et gouvernance de l’intelligence artificielle pour la santé », l’OMS propose donc six principes de base, afin de s’assurer que son potentiel soit utilisé dans l’intérêt général, partout dans le monde.

  1. Protéger la vie humaine : Les hommes doivent prendre les décisions médicales et garder le contrôle des systèmes de soins. Les législations sur la protection des données doivent assurer la protection de la vie privée, la confidentialité. De même, les patients doivent être en mesure de donner un consentement éclairé.
  2. Promouvoir le bien être et la sécurité humains et l’intérêt public : Les concepteurs doivent répondre aux exigences de la règlementation dans les domaines de la sécurité, la précision et l’efficacité des IA. De même, des contrôles de qualité doivent être mis en place lors de leur utilisation.
  3. Assurer la transparence, l’explicabilité et l’intelligibilité : Les informations concernant les technologies d’IA, doivent être accessibles au plus grand nombre.
  4. Favoriser la responsabilité et l’obligation de rendre compte : Il convient de contrôler que les technologies d’IA soient utilisées « dans des conditions appropriées et par des personnes dûment formées ». Des procédures d’indemnisation devront être mises en place, en cas de décision préjudiciable fondée sur un algorithme.
  5. Assurer l’inclusion et l’équité : Un accès équitable aux intelligences artificielles au service de la santé doit être garanti.
  6. Promouvoir une IA réactive et durable : Des évaluations de l’IA doivent avoir lieu tout au long de son utilisation, afin de déterminer si elle répond bien aux attentes et de manière à minimiser les conséquences pour l’environnement (cf. L’intelligence artificielle, une expérience énergivore)

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