Le Pr. Israël Nisand est interrogé par le Quotidien du Médecin sur le paradoxe français de la stagnation, voire de l’augmentation, du nombre d’IVG en France alors que les françaises ont à disposition “un grand nombre de techniques de contraception”.
Il voit plusieurs raisons à la méfiance des femmes face aux contraceptifs : la méfiance par rapport aux hormones, l’absence d’information à la vie affective et sexuelle dans les écoles, le non-respect dans les faits de la confidentialité de la contraception des mineures malgré la loi de 2001, enfin l’absence de projet national de santé publique. Le Pr. Nisand soulève sur ce dernier point la confusion des messages de la part des autorités qui cherchent à “faire des économies en matière de contraception pour pouvoir rendre gratuite l’IVG”. Il constate que le nombre d’IVG a “nettement” augmenté en 2013.
Pour réduire le nombre d’IVG, il préconise de concentrer les efforts de sensibilisation sur les adolescentes, “les femmes de demain”, et de faciliter l’accès à la contraception. Cet accès facilité requiert selon lui : une gratuité et une confidentialité réelle chez les mineures de toutes les méthodes de contraception, la formation des médecins à la contraception des mineures, une information à la vie affective et sexuelle dès l’âge de 4 ans “après avoir formé les maîtres d’école pour ce faire”, une utilisation plus fréquente des LARC (contraception de longue durée), et faire de la contraception une cause nationale de santé publique.
Le Quotidien du médecin (Dr. Lydia Marié Scemama) 6/03/2014