Le chromosome X inactif responsable de la prévalence des maladies auto-immunes chez la femme ?

Publié le 21 Sep, 2023

Les maladies auto-immunes sont quatre fois plus fréquentes chez les femmes. Dans une pré-publication, des chercheurs de l’université de Stanford affirment que cela pourrait être dû à la présence du chromosome X mis au silence. Les femmes possèdent en effet deux chromosomes X, l’un des deux étant inactif, alors que les cellules masculines sont dotées d’un chromosome X et d’un chromosome Y, tous deux actifs.

L’équipe d’Howard Chang, dermatologue à l’université de Stanford et auteur de l’étude, s’intéresse à la façon dont le second chromosome X est désactivé chez les femmes. Pour ce faire, elle s’est tournée vers un « long ARN non codant », le transcrit spécifique au X inactif (Xist [1]), qui « orchestre » la mise au silence d’un chromosome X. En 2015, son équipe avait identifié un ensemble de 81 protéines qui se lient à Xist, formant un grand complexe ARN-protéines. Un complexe qui pourrait être à l’origine du « biais auto-immun » chez les femmes, Xist n’étant pas exprimé chez les hommes.

Une hypothèse d’abord confirmée chez la souris

Les chercheurs ont testé leur hypothèse sur la souris. Ils ont pu constater que les souris mâles génétiquement modifiées pour exprimer Xist présentaient des taux d’auto-anticorps plus élevés que les souris mâles sans expression de Xist. Leurs taux étaient plus proches de ceux observés chez les souris femelles.

A partir de ces résultats, les chercheurs se sont tournés vers l’homme. En analysant le sang prélevé à des patients sains ou atteints de trois maladies auto-immunes [2], ils ont constaté des niveaux plus élevés auto-anticorps chez les personnes atteintes de ces maladies. Des résultats qui révèlent que le complexe ARN Xist-protéines peut également déclencher une auto-immunité chez les êtres humains.

De futures études

Chez les femmes, le gène TLR7 sur le chromosome X inactif « échappe à l’inactivation », augmentant ainsi les niveaux d’un récepteur immunitaire qui détecte les complexes ARN-protéines. Parmi leurs pistes de recherche, les scientifiques comptent déterminer si le complexe déclenche le système immunitaire féminin via TLR7.

 

[1] X-inactive specific transcript

[2] La dermatomyosite, la sclérodermie et le lupus

Source : The Scientist, Kamal Nahas (19/09/2023)

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