L’avis du CCNE sur le DPI est controversé

Publié le : 23 novembre 2009

Le Quotidien du Médecin s’est fait l’écho du communiqué de la Fondation Jérôme Lejeune, qui estime que l’avis 107 du CCNE (Comité consultatif national d’éthique) (cf. Synthèse de presse du 18/11/09) « renforcera l’eugénisme » envers les enfants trisomiques. Alors qu’il affirme qu’il faut continuer à réserver le DPI aux couples ayant des antécédents familiaux, le CCNE recommande « de lever l’actuelle interdiction de procéder à la détection d’une trisomie 21 avant de transférer les embryons non atteints de l’anomalie recherchée ». La cause invoquée pour justifier ce dépistage systématique est qu' »il s’agit de l’anomalie chromosomique la plus fréquente, qui fait déjà l’objet d’un dépistage ».

 

Alors que le dépistage anténatal de la trisomie 21 est passé, il y a quatre mois, du second au premier trimestre de la grossesse, la Fondation Jérôme Lejeune dénonce « une étape supplémentaire qui confirme la volonté d’éradiquer le plus tôt possible tout être humain atteint de trisomie 21″.

 

Son président, Jean-Marie Le Méné a expliqué dans Liberté Politique que l’avis du CCNE n’est certainement pas « un avis modéré inspiré par la sagesse« Il affirme que, quoi qu’en ait dit le Comité,  il y a bien un eugénisme en France dans la mesure où le législateur le définit comme « la mise en oeuvre d’une pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes ». Il précise que ce qui est condamné est bien l’organisation elle-même de la sélection des personnes, et non pas le fait qu’elle soit rendue obligatoire ou pas or justement les médecins ont bien l’obligation de proposer systématiquement le dépistage de la trisomie 21.

 

Il dénonce « le regard d’exclusion posé a priori sur les porteurs de cette affection, exclusion déjà créée, entretenue et financée par l’Etat à travers sa politique eugénique de dépistage généralisé ». Enfin, Jean-Marie Le Méné montre la contradiction de cette proposition. Au nom de la souffrancedes femmes attendant un enfant trisomique 21, le CCNE préconise de dépister les embryons soumis à un DPI, mais pourquoi limiter la sélection à ces embryons et ne pas l’étendre à tous les embryons conçus par FIV ? « Au nom de quoi la FIV classique pour infertilité se verrait-elle refuser le droit à une grossesse débarrassée du risque de le trisomie 21 ? Au nom de quoi imposerait-on aux femmes qui ont déjà eu du mal à concevoir la souffrance d’attendre les premiers mois de la grossesse pour être confronté au dépistage de la trisomie 21 alors que le DPI offre une possibilité tellement plus simple ? »

Notons que cet avis est rendu alors même que l’université de Stanford vient de publier une étude ouvrant des possibilités de traitement de la trisomie 21.

 

Pour en savoir davantage :

Décryptage de Jean-Marie Le Méné dans Liberté Politique : Quand s’arrêtera l’escalade de l’eugénisme ? (voir aussi : Jean-Marie Le Méné, La trisomie est une tragédie grecque, Salvator, 2009)

Communication de la Fondation Jérôme Lejeune : Trouver un traitement pour la trisomie 21 : un défi scientifique réaliste que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer

<p>Le Quotidien du Médecin 23/11/09 - Liberté Politique 20/11/09</p>

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