La prochaine loi de bioéthique sera-t-elle un clone de 2004 ?

Publié le : 12 mai 2009

Libération revient sur le rapport du Conseil d’Etat rendu la semaine dernière (cf. Synthèse de presse du 06/05/09) et plus particulièrement sur la pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI), les sages n’ayant proposé "aucun changement profond" par rapport à l’actuelle législation. Le journaliste semble ainsi regretter que tout soit, en France, "très encadré", "comme si le législateur était surtout obsédé par la prévention des dérapages à venir".

Face à la mise à disposition de nouveaux DPI sur des maladies génétiques de plus en plus nombreuses et alors que s’ouvre la possibilité de détecter simultanément plusieurs maladies sans qu’aucun antécédent familial ne le justifie, le Conseil d’Etat a déclaré ne pas vouloir "ouvrir la voie au criblage génétique qui n’est pas autorisé actuellement". Pour le journaliste, "on reste dans la même logique : la crainte devant les demandes des futurs parents".

Par ailleurs, sur Slate.fr, Jean-Yves Nau publie une tribune dans laquelle il dénonce le fait que la prochaine loi de bioéthique semble déjà écrite – « la loi « révisée » de bioéthique en 2010 ne sera qu’un clone de celle de 2004 » – alors même que se tiennent actuellement les « ambitieux » Etats généraux de la bioéthique. Le journaliste analyse en effet le rapport du Conseil d’Etat qui, pour l’essentiel, "ne change rien à ce qui était déjà de facto accepté (la recherche sur l’embryon)" et "maintient l’interdit des grossesses pour autrui".

En ce qui concerne la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines, il rappelle que, comme aujourd’hui, ces recherches devraient, pour être autorisées,  être "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs" et s’il y a "impossibilité, en l’état des connaissances scientifiques, de mener une recherche identique à l’aide d’autres cellules". D’après Jean-Yves Nau, ces dispositions "font quelque peu sourire dans les milieux scientifiques : comment en effet juger à priori que la recherche envisagée est, ou n’est pas, "susceptible de permettre des progrès thérapeutiques majeurs" ?".

Libération (Eric Favereau) 12/05/09 - Slate.fr 08/05/09

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