La congélation d’ovocytes : « Une nouvelle tentative de maîtrise sur le calendrier des naissances »

Publié le : 9 juin 2015

Alors que l’ABM diffuse une campagne sur le don de gamètes (cf. Gènéthique du 5 juin et du 9 juin 2015), insistant sur le manque de donneuses d’ovocytes, une technique alternative se répand : la « vitrification » d’ovocytes. « Comme sortie d’un roman de science fiction, cette technique permet aux femmes qui souhaitent devenir mères plus tard de conserver des cellules reproductrices encore jeunes pour l’avenir ».

 

En France, cette technique n’est autorisée que pour des raisons médicales, « avant une chimiothérapie susceptible de rendre infertile, par exemple ». Aussi, les femmes souhaitant « congeler » leurs ovocytes « pour convenance personnelle » étant de plus en plus nombreuses, elles se rendent à l’étranger, notamment en Espagne.

 

La procédure comprend « un traitement hormonal assez lourd d’une dizaine de jours », possible « sous la surveillance de son gynécologue en France », une « batterie de tests nécessaires avant l’intervention : échographie, prise de sang… », et se termine par « une opération sous anesthésie générale d’une quinzaine de minutes ». « Près de 4000 euros pour s’offrir 7 ans de tranquillité », témoigne une jeune femme. Les cliniques conservent les ovocytes 5 ans, « au-delà, ‘les patientes’ doivent payer environ 250 euros supplémentaires tous les ans ».

 

« Est-ce une révolution pour la femme », s’interrogent certains, « la fin d’un carcan biologique, comme le clament les spécialistes de la médecine reproductive ? Un bouleversement aussi important que celui de la pilule ? »

Pour le gynécologue obstétricien Michael Grynberg, chef du service de médecine reproductive à l’hôpital Jean Verdier, à Bondy, « il y a un risque à repousser les projets de maternité jusqu’à un âge avancé parce que l’on pense avoir une garantie au frigo qui n’en est pas une. »

 

Valerie Vernaeve, directrice scientifique de la clinique Eugin en Espagne qui a reçu « près de 200 françaises entre 2011 et 2014 pour son traitement Timefreeze », émet des réserves sur l’utilité de ces « prélèvements » : « c’est trop tôt, on manque de recul pour savoir quel pourcentage de femmes va les utiliser ».

 

Le CCNE devrait se prononcer fin 2015 sur « les questions sociétales liées à l’AMP » dont « cette nouvelle tentative de maîtrise sur le calendrier des naissances ».

 

<p>Le Figaro (07/06/2015)</p>

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