Iran : face à la politique nataliste, le planning familial à l’arrêt

Publié le : 27 janvier 2021

La politique nataliste de Téhéran se poursuit depuis bientôt dix ans. En 2012, Ali Khamenei, le Guide suprême, avait déjà affiché l’objectif de « doubler la po­pulation » d’Iran « pour atteindre 150 millions d’habitants ». « Le slogan ‘Deux enfants suffisent’ relevait d’une politique occidentale erronée », expliquait-il alors, critiquant la politique « stricte » du planning familial après le baby-boom des années 80. Ainsi à partir de 2014, vasectomie et ligature des trompes [NDLR : méthodes de stérilisation définitive] sont réservés à des cas précis, familles d’au moins quatre enfants ou grossesses à risque très élevé (cf. Iran: une loi pour faire croître le taux de natalité).

Depuis quelques mois, le Guide suprême a décidé d’aller plus loin. « Il faut donner beaucoup d’importance à la question de la natalité et redouter le vieillissement de la population » a-t-il annoncé en juillet devant le Parlement. Actuellement la moyenne d’âge en Iran est de 32 ans, mais « la proportion de la population vieillissante augmente », et « au rythme actuel », la croissance démographique sera nulle « dans une dizaine d’années ». Les parlementaires ont adopté dans la foulée un texte intitulé « la population et la promotion de la famille ». Toutes les mesures qui y figurent visent à « accroître le taux de fécondité ». L’objectif fixé est de 2,5 enfants par femme en moyenne, « contre 2,14 en 2018 ».

La distribution de contraception gratuite par les médecins ou le planning familial est dorénavant interdite. Les pharmacies restent habilitées à fournir préservatifs, pilules, stérilets, etc. « Désormais, les patients doivent se procurer eux-mêmes des moyens de contraception s’ils le souhaitent (…) » explique une jeune médecin généraliste en zone rurale.« Quant à la vasectomie et la ligature des trompes, les médecins ont maintenant l’interdiction de les conseiller aux patients, ceux-ci doivent faire eux-mêmes la démarche et en supporter le coût ».

Depuis ces nouvelles interdictions, les activités du planning familial sont presque à l’arrêt en Iran.

Source : Le Monde, Ghazal Golshiri (26/01/2021) – Photo : Pixabay\DR

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