IPS et questionnements éthiques

Publié le 12 Nov, 2012

 Après avoir été récompensé, avec John Gurdon, par le prix Nobel de Médecine le 8 octobre dernier pour ses travaux de recherche (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 08/10/12), le chercheur Japonais Shnya Yamanaka "assur[ait] lundi dans un entretien à l’AFP [Agence France presse] que le principe de […] reprogrammation [des cellules adultes] est finalement très simple, avec l’intervention de trois ou quatre gènes pour convertir, par exemple, une cellule de peau adulte en cellule IPS malléable comme une cellule embryonnaire". 

A la question du journaliste visant à savoir si "cette technique de reprogrammation réalisée en 2006 sur des cellules de souris puis en 2007 sur des cellules humaines, est […] la réponse face aux problèmes éthiques soulevés par l’utilisation d’embryons humains pour des travaux sur les cellules souches", le chercheur Japonais explique: "nous pouvons maintenant éviter l’utilisation d’embryons humains, c’est bien. Pourtant, nous avons devant nous de nouvelles questions éthiques. Par exemple, on peut réaliser des cellules reproductrices, spermatozoïdes ou ovocytes, à partir de cellules de peau ou de sang, en passant par le stade de cellule IPS. C’est un nouveau problème éthique: peut-on produire des gamètes à partir de sang et procéder à une fécondation?". Pour Shynia yamanaka, "la société doit vraiment débattre sur jusqu’où on peut aller avec cette nouvelle technologie".  
Précisant qu’il avait "réalisé dès le début l’implication éthique", soit dès 2006, il ajoute qu’initialement, "sur le plan des débouchés médicaux, [il pensait] que cette technologie servirait principalement la médecine régénérative [comme réparer un organe malade] […]. Mais rapidement ensuite, [il a] réalisé que cette technologie avait un potentiel plus important pour la découverte de nouveaux médicaments". 

A propos de l’utilisation de cellules IPS pour des essais chez l’homme, Shynia Yamanaka précise que ces derniers sont pour bientôt. En effet, "au Japon, des scientifiques de Kobé sont en train de demander l’autorisation au gouvernement japonais pour le tout premier essai clinique utilisant des cellules IPS pour la rétine, afin de soigner des patients souffrants d’une maladie de l’oeil". 

Enfin, interrogé sur le projet japonais de création d’une banque de cellules souches IPS, un projet approuvé en juillet, le chercheur japonais répond: "en théorie, nous pourrions produire des cellules IPS pour chaque patient. Mais ça serait très cher et long". Ainsi, il précise que l’alternative serait "de mettre sur pied un stock de cellules IPS, issus de volontaires (…) sélectionnés pour présenter des risques de rejets immunitaires minimum. Une fois que nous pourrons identifier ces donneurs (…) nous devrions être capable de fabriquer des cellules IPS valables pour beaucoup de patients", estimant "qu’avec seulement 140 donneurs [il serait possible] de couvrir jusqu’à 90% de la population [pour le Japon]". 

 

 AFP 12/11/12 – Romandie.com 13/11/12

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