Histoire de l’Intelligence artificielle : Une succession de « désillusions »

Publié le : 11 août 2015

Le Dr Laurent Alexandre, auteur spécialiste des questions transhumanistes, publie une tribune à propos des « sur-promesses de l’intelligence artificielle ». Il revient sur l’historique de l’intelligence artificielle pour montrer que l’« avalanche de prédictions catastrophiques » actuelle « doit être prise avec prudence », car « en matière d’IA, les scientifiques se sont trompés… depuis 1956 ».

 

Les bases de l’Intelligence Artificielle[1] (IA) ont été posées en 1940 par Alan Turing, mais « la recherche n’a vraiment décollé » qu’en 1956, « après la conférence du Darmouth College, aux Etats Unis ». Les scientifiques, poussés par « la course aux subventions publiques », ont fait des « sur-promesses totalement irréalistes » et provoqué d’« immenses désillusions ».

 

L’intelligence artificielle a ainsi connu des « hivers », après l’« enthousiasme » du départ. La recherche s’est « fracassée sur la complexité du cerveau humain » : l’IA « capable de conscience d’elle-même n’était pas à portée de main ».

 

Cependant, depuis 1995, Laurent Alexandre note des « progrès substantiels » : « en 1997, l’ordinateur Deep Blue bat le champion du monde d’échecs. En 2011, le système expert Watson bat les humains au jeu télévisé ‘Jeopardy !’ et, en 2015, il réalise en quelques minutes des analyses cancérologiques qui prendraient des décennies à des cancérologues en chair et en os ». Mais « les programmes informatiques n’ont [toujours] pas acquis les caractéristiques les plus subtiles du cerveau ».

 

 

[1] Deux types d’IA sont à distinguer : l’IA forte, « capable de produire un comportement intelligent, d’éprouver une impression d’une réelle conscience de soi, de sentiments, et une compréhension de ses raisonnements » (cf. synthèse Gènéthique du 21 juillet 2015), et l’IA faible qui « vise à construire des systèmes autonomes, des algorithmes capables de résoudre des problèmes techniques en simulant l’intelligence ». L’IA forte est plus difficilement accessible, mais l’IA faible est « révolutionnaire » et déjà « de plus en plus de tâches sont mieux effectuées par l’IA faible que nous » : Google Car ou les robots chirurgicaux par exemple.

 

<p>Le Monde (10/08/2015)</p>

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