Euthanasie : L’Espagne dresse un premier bilan

Publié le 23 Juin, 2022

Depuis l’entrée en vigueur de la loi dépénalisant l’euthanasie en Espagne il y a un an (cf. Espagne : « le droit à l’euthanasie » entre en vigueur), « au moins 172 personnes » ont mis fin à leur vie de cette façon. Seules les Asturies et La Rioja n’ont pas encore communiqué de chiffres.

Un nombre qui ne « satisferait » pas le ministère qui attend des « rapports exhaustifs sur les motifs invoqués pour demander l’euthanasie, le type de procédure, les raisons des refus, le nombre d’objections, etc. ».

En Catalogne 60 euthanasies ont été pratiquées, quand on en a recensé 25 au Pays basque, 19 à Madrid, et 11 en Andalousie.

Des euthanasies en majorité à domicile

Les données des maladies dont souffrent les personnes souhaitant recourir à l’euthanasie ne sont pas publiées. Toutefois, selon Tayra Velasco, présidente de la commission de bioéthique du Collège des infirmières de Madrid, « contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays où le cancer est la pathologie la plus fréquente », en Espagne, « la plupart des demandes émanent de personnes souffrant de maladies neurodégénératives ».

Les autres caractéristiques sont en revanche similaires, affirme-t-elle. Les personnes recourant à l’euthanasie sont en majorité des hommes septuagénaires, euthanasiés à domicile. Si un don d’organe est prévu, l’intervention a alors lieu à l’hôpital (cf. Espagne : 7 euthanasies, 23 transplantations).

L’euthanasie, pas « un acte médical »

Nous ne considérons pas l’euthanasie « comme un acte médical », rappelle Tomás Cobo, président de l’Association médicale espagnole (cf. Claire Fourcade : « Je suis médecin, la mort n’est pas mon métier »). Il explique toutefois que le code de déontologie a dû être « étendu » afin de « ne pas pénaliser » les médecins qui pratiquent des euthanasies « dans le cadre de la loi ». Il affirme n’avoir entendu parler « d’aucun incident lié au respect de la loi ou de l’objection de conscience » (cf. Registre des médecins objecteurs : après l’euthanasie, l’avortement).

Marisa de la Rica, présidente de l’Association espagnole des infirmières en soins palliatifs (Aecpal), appelle de son côté à fournir « un effort » « pour améliorer cette prise en charge, qui arrive trop tard pour de nombreuses personnes ». « Si les patients ne commencent à recevoir des soins palliatifs qu’à la fin, il n’y a pas le temps de les traiter, ils seront à l’agonie », regrette-t-elle.

Complément du 27/06/2022 : Parmi les personnes euthanasiées, 22 donneurs ont conduit à réaliser 68 transplantations. « Le pays est le champion du monde du don d’organes ».

Sources : El País, Pablo Linde (22/06/2022) ; El Diario de Sevilla, N.F. (22/06/2022) ; AFP (24/06/2022) – Photo : iStock

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