Euthanasie : entre sondage et points de vue de spécialistes

Publié le 4 Oct, 2012

Dans le quotidien La Croix du 4 octobre 2012, le député UMP Jean Leonetti précisait que la loi de 2005 sur la fin de vie qui porte son nom "pourrait être amendée sur deux points" en rendant "les directives anticipées plus contraignantes" et en prévoyant "une sédation terminale dans certaines circonstances" (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 4/10/12) .

Dans le même temps, un sondage IFOP/Pèlerin concernant l’euthanasie et effectué auprès de 2000 personnes, révèle que "86% des français se disent favorables à un texte qui légaliserait une telle pratique". Cependant, "en observant le détail des réponses, on s’aperçoit […] que les français ne demandent pas tant le ‘droit de mourir’ que d’être respectés dans leur fin de vie". En outre, il s’avère que "les réponses apportées à certaines questions confirment […] [une] sous-information de la population française" concernant la loi Leonetti de 2005. Plus précisément, sur les 86%, 35% se "déclarent être favorables", 51% se déclarent "plutôt favorables" et "40% d’entre eux le sont parce qu’ils considèrent que cela permettra d’éviter les souffrances inutiles". Ainsi, "plus que la ‘dignité’ ou que la ‘liberté de décider quand on part’, la question de la souffrance est cruciale dans l’opinion des Français". Par ailleurs, interrogés sur le fait de savoir s’ils "estime[nt] qu’en France, la loi actuelle sur la fin de vie permet d’éviter toute forme d’acharnement thérapeutique ?", il s’avère que "75% répondent : non ou ne sait pas". Or, cette loi "condamne l’acharnement thérapeutique".

Enfin, alors que se termine le plan développement des soins palliatifs 2008-2012, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), par la voie de son président Vincent Morel, pneumologue, "alerte le gouvernement sur les difficultés d’accès à ces soins, en particulier pour les personnes âgées" et "fait quelques proposition pour améliorer la loi Léonetti", lors d’une conférence de presse.
En premier lieu, il relève "un paradoxe" et souligne que "la question de la fin de vie est d’abord une question de qualité des soins. Il serait paradoxal qu’on en vienne à dépénaliser l’euthanasie parce que les patients n’ont pas accès aux soins palliatifs auxquels ils ont droit". Responsable de l’équipe mobile de soins palliatifs du CHU de Rennes, il précise qu’ "il est aujourd’hui possible de ‘soulager toutes les douleurs’ et ‘lorsqu’un patient exprime une demande d’euthanasie, une bonne prise en charge permet de la faire disparaître, dans la grande majorité des cas". La journaliste poursuit en mentionnant que "certaines de ces demandes persistent – une étude du chercheur Edouard Ferrand parue il y a un an l’avait démontré. Mais pour Vincent Morel, on sort du champ de la médecine". Ce dernier explique que " ‘ces patients veulent anticiper des symptômes qu’ils n’ont pas encore. Leur requête ne relève pas du soin mais du suicide assisté’, une ‘question sociétale’ qu’il n’a pas à trancher".
Puis, le président de la SFAP poursuit en évoquant la question de l’accès aux soins palliatifs. Tout en précisant que "des progrès ont été faits, 27 unités de soins palliatifs (USF) supplémentaires ont vu le jour en cinq ans" il ajoute que "ce n’est pas suffisant". Ainsi, il pointe "de nombreuses lacunes dans le dispositif : l’inégale répartition des structures (70% des lits d’USP sont concentrés dans cinq régions), la diminution des budgets des réseaux de soins palliatifs […] une prise en charge souvent beaucoup trop tardive etc". Selon Vincent Morel, "il faut un engagement fort des pouvoirs publics, qui doivent poursuivre la politique de développement […]. Il est impératif d’améliorer [l’accès] des soins palliatifs [aux personnes âgées], c’est le grand enjeu de demain".
Enfin, la journaliste du quotidien La Croix précise que le président de la SFAP "a proposé trois pistes pour améliorer la loi Léonetti de 2005", à savoir : "renforcer le système des directives anticipées par une campagne d’information grand public et l’enregistrement […], permettre aux infirmières de déclencher la procédure collégiale – autrement dit la réunion de toute l’équipe médicale pour débattre d’une décision délicate concernant un patient en fin de vie, [et enfin,] garantir un ‘droit à l’antalgie afin que les malades puissent exiger d’être soulagés d’un symptôme qu’ils jugent insupportable’ ".

Atlantico.fr (Béatrice Stella) 05/10/12 – La Croix (Marine Lamoureux) 05/10/12 – pelerin.info.fr 04/10/12 – Lefigaro.fr (Agnès Leclair) 05/10/12 – Le Quotidien du Médecin.fr (Stéphanie Hasendahl) 04/10/12 – Lefigaro.fr (Agnès Leclair) 05/10/12 – lci.tf1.fr 03/10/12 – Lemondedesreligions.fr (Tristan Denonne) 08/10/12

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