Cellules iPS et dégénérescence maculaire

Publié le : 29 mars 2011

Des chercheurs du Centre médical de l’université de Georgetown à Washington, ont réussi à produire des cellules de rétine, à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPS) humaines. Les cellules produites imitent la fonction des cellules de l’oeil qui se détruisent lorsqu’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) apparaît. Cette étude, financée par le National Institutes of Health, est parue dans la revue Stem Cells* du 24 mars 2011.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est l’une des causes de déficience visuelle et de cécité les plus répandues dans le monde. Elle détruit peu à peu l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR) qui irrigue les cellules visuelles de la rétine. C’est la première fois que des cellules d’EPR ont été produites à partir de cellules iPS, elles-mêmes obtenues à partir d’une petite biopsie de peau humaine. "Les cellules de la rétine que nous avons généré sont vraiment fonctionnelles", explique Nady Golestaneh, professeur adjointe dans le département de biochimie et de biologie moléculaire et cellulaire de Georgetown et co-auteur de l’étude. "Cela signifie qu’elles imitent la fonction des cellules d’origine de la rétine qui jouent un rôle clé dans l’œil pour l’absorption de la lumière, la nutrition et la fonction réceptrice." Cela en fait des "candidates prometteuses pour des traitements visant à régénérer la rétine".

Le Dr. Demetrios Vavvas, médecin au Massachusetts Eye and Ear Infirmary, affirme que ces résultats sont un "un grand pas en avant". "Mais ce n’est encore qu’une première étape […] Ceci a été réalisé seulement in vitro. C’est un travail en laboratoire sur des cultures cellulaires. La question demeure de savoir comment cela va fonctionner sur des patients parce qu’il ya encore des obstacles qui doivent être surmontés", note-t-il. En l’état du savoir-faire technologique actuel, un minimum de 3 à 5 ans sera probablement nécessaire avant de pouvoir envisager des essais cliniques. Les chercheurs affirment également que d’autres travaux sont nécessaires pour sécuriser les cellules produites, en vue d’une perspective thérapeutique. Toutefois, "lorsque nous parlons de l’utilisation potentielle de cellules souches, nous ne devrions pas seulement penser à la transplantation" souligne Nady Golestaneh. "Elles pourraient aussi être utilisées comme modèle in vitro pour étudier la maladie elle-même en laboratoire […] Cela permettrait de développer des médicaments ciblés pour guérir la maladie".

Contrairement à d’autres projets (Cf. Synthèse de presse du 04/01/11), cette étude n’utilise pas de cellules souches embryonnaires humaines qui posent un certain nombre de problèmes éthiques.

* Stem Cells, “Human iPS-derived Retinal Pigment Epithelium (RPE) Cells ExhibitionTransport, Membrane Potential, Polarized VEGF Secretion and Gene Expression Pattern Similar to Native RPE”, Maria Kokkinaki, Niaz Sahibzada and Nady Golestaneh, 24/03/11

Wfmj.com (Alan Mozes) 24/03/11 – Healthfinder.gov 24/03/11 – Eurekalert.org 29/03/11

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