Aide au développement : la France promeut l’IVG et la contraception à l’international

Publié le 25 Juil, 2023

Le 19 juillet, lors de la 17ème réunion de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, celle-ci a auditionné Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’Etat chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux. L’objectif de cette audition était de présenter un état des lieux et de donner des perspectives concernant l’évolution de l’aide publique au développement de la France, « en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la progression des droits des femmes dans le monde ».

A cette occasion, Chrysoula Zacharopoulou a rappelé que, lors du Forum Génération Egalité, la France s’est engagée à consacrer 400 millions d’euros entre 2021 et 2025 pour « promouvoir l’éducation à la sexualité, ainsi que l’accès à la contraception et à un avortement sûr et légal ». « Une priorité nationale » affirme-t-elle, qui se concrétise par un engagement au niveau européen mais aussi international notamment dans le cadre des Nations unies.

Des « efforts » renforcés

Mais, pour Elise Leboucher, députée du groupe LFI-NUPES, « les efforts doivent être accélérés et intensifiés ». Selon des chiffres de l’OMS, 40% des femmes en âge de procréer vivent dans un pays où les lois restreignent ou interdisent l’avortement. « Les DSSR [1] ont besoin de financements permettant une politique volontariste et de la mobilisation d’une vaste coalition à l’international » estime-t-elle, en rappelant que la France occupe la 17ème place parmi les contributeurs à ONU Femmes. « Elle gagnerait à y renforcer son engagement et à amplifier son soutien à des initiatives comme le fonds français Muskoka, qui agit en faveur de la santé maternelle et infantile en Afrique de l’ouest et centrale » poursuit-elle. Le fonds entend également « garantir l’accès des adolescents et en particulier des adolescentes aux droits et à la santé sexuels et reproductifs ».

Comme le lui rappelle Chrysoula Zacharopoulou, « le soutien apporté à ONU Femmes a été doublé ». Elle précise également qu’il existe à la fois des dispositifs multilatéraux mais aussi des coopérations bilatérales. « Le fonds de soutien aux organisations féministes a ainsi mobilisé 133 millions d’euros pour accompagner près d’un millier d’associations féministes dans des pays partenaires, notamment en Afrique », indique-t-elle. Une initiative qu’elle souhaite pérenniser.

Faire encore plus ?

Cependant, « il faut aussi que les pays partenaires se mobilisent pour construire leur système de santé. Ce n’est pas à nous, Français ou Européens, de leur expliquer ce qu’ils doivent faire », souligne la secrétaire d’Etat. « Notre politique de développement est uniquement là pour soutenir leurs initiatives » poursuit-elle, en rappelant que « le problème n’est pas seulement budgétaire ». En effet, « en Afrique subsaharienne notamment, beaucoup de financements ne sont pas consommés, car les professionnels formés ne sont pas en nombre suffisant. Il faut pouvoir s’appuyer sur des infirmières, des sages-femmes ou des médecins qui ont des compétences en matière de santé sexuelle et reproductive », estime Chrysoula Zacharopoulou.

« Nous devons continuer à travailler ensemble sur tous ces sujets. Je partage néanmoins avec vous l’ambition de faire plus », conclut la secrétaire d’Etat. La France n’a-t-elle pas d’autres priorités ? (cf. L’avortement dans la Charte des droits fondamentaux : une simple déclaration symbolique ?)

 

[1] acronyme pour « droits en matière de santé sexuelle et reproductive »

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