L’IVG considéré comme un objectif de développement durable par l’ONU

Publié le : 17 avril 2020

Malgré les « objections de nombreux pays membres de l’ONU », le Fonds des Nations Unies pour le Développement (FNUAP) « a récemment inclus l’avortement dans ses analyses des Objectifs de développement durable ».

 

Parmi les « Objectifs de Développement Durable » (ODD), le cinquième, relatif à « l’égalité de genre », inclut les questions de « droits de santé sexuelle et reproductive ». L’une « des plus controversés des négociations » au cours de laquelle les délégués « ont insisté sur l’insertion d’un avertissement dans l’Objectif contre un retour sur les accords précédents qui avaient rejeté un droit humain international à l’avortement, laissant à chaque pays le droit de légiférer sur la question ».

 

Au terme des négociations des ODD, les pays ont délégué le « détail des mesures de cet objectif au FNUAP ». Parmi les indicateurs : le nombre de pays ayant des lois et des règlements qui garantissent un accès « égal » et « entier » à « un droit au soin, à l’information et à l’éducation concernant la santé sexuelle et reproductive » pour les femmes et les hommes « de 15 ans et plus ». Afin d’évaluer cet indicateur, le FNUAP a sélectionné « 13 points » dont « “l’avortement”, comme sujet de “service de santé maternelle”, et “l’éducation sexuelle intégrale” ». Dans l’analyse qu’elle a publiée, l’agence affirme en effet que « l’avortement est une composante de “la santé sexuelle et reproductive et des droits reproductifs” ». « Les données nous montrent qu’il existe des barrières légales à un accès entier et égal à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs dans de nombreux endroits », ajoute-t-elle. « De telles barrières portent surtout sur l’accès légal à l’avortement », avec un taux de « réussite » de « 30% seulement » estime le FNUAP. Ainsi les lois autorisant l’avortement sont qualifiées de « victoires » dans le rapport, quand leur absence représente un « “obstacle” à l’accès à la santé et aux droits » selon le Fonds.

 

« Outrepassant son mandat, qui n’inclut pas la promotion de l’avortement », le FNUAP « s’est fait le chantre de la promotion de “l’avortement sans risque” », « comme moyen de prévenir “l’avortement à risque” ». Et elle fait « la promotion de son insertion dans les résolutions négociées dans les réunions de l’ONU ». L’agence continue cependant d’affirmer ne pas œuvrer « en faveur du changement du statut légal de l’avortement ».

 

Pour aller plus loin :

La santé d’un pays se mesure-t-elle à son taux d’avortement ?

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19 pays s’unissent pour s’opposer à l’avortement

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<p>C-Fam, Rebecca Oas (10/04/2020)</p>

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