A Hongkong, des fœtus traités comme des « déchets médicaux »

Publié le 22 Mai, 2019

A Hong-Kong, les bébés mort-nés avant vingt-quatre semaines sont traités comme des « déchets médicaux » : ils sont « incinérés puis jetés à la décharge ». Un témoignage révélé dans la presse a « choqué la société hongkongaise » et « forcé les autorités à bouger ».

 

En avril 2017, une femme, enceinte de quinze semaines, accouche prématurément à l’hôpital Princess-Margaret. Après l’accouchement, Kevin, le père, raconte n’avoir pas pu récupérer le bébé mort : « Où va-t-il finir ? Personne ne me répondait ». Le personnel lui désigne un réfrigérateur : « Il y avait beaucoup de boîtes en plastique. Ça a été le choc de comprendre que ça arrivait souvent. Et cette interrogation : où terminent tous ces bébés ?», se rappelle Kevin. « C’était mon bébé, un être humain. Pour eux, c’était juste un bout de corps, ils en parlaient comme d’un objet », souligne-t-il. Le couple se heurte ensuite à « un mélange d’apathie bureaucratique, de régulations mal rédigées et de politiques arbitraires », décrit leur avocat, Michael Vidler. Il faudra « des semaines » au couple pour récupérer le fœtus en vue de lui offrir une sépulture. Un délai qui ne repose sur aucun fondement légal.

 

Mais l’hôpital public refuse de délivrer le « certificat de naissance d’un enfant mort-né », dit « formulaire 13 », document requis pour toute crémation ou inhumation, au motif que le fœtus n’avait pas vingt-quatre semaines. Il se fonde sur une directive du Collège d’obstétriciens et de gynécologues de Hongkong. Or, la limite des vingt-quatre semaines n’est pas prévue par la loi mais semble être inspirée de celle relative à l’avortement. D’autres cas semblables ont ensuite été révélés.

 

Suite à cette affaire, le 11 avril dernier, le cimetière public de Wo Hop Shek, à la frontière avec la Chine continentale, a ouvert « des espaces de conservation » œcuméniques pour les fœtus « non considérés comme des bébés mort-nés ni comme des restes humains ». Deux ont été accueillis à ce jour. « Rien n’a changé dans la loi ni dans les pratiques », a déclaré May Tse, fondatrice du « groupe de soutien des tout-petits », « mais l’essentiel était d’abord d’obtenir une solution temporaire pour les familles, religieuses ou pas, et d’arrêter de traiter ces bébés comme des détritus ». « La dignité humaine exige » une distinction claire entre fœtus et déchet médical, ajoute Terry Kaan, codirecteur du Centre pour l’éthique et la loi médicales. « Si la loi ou les règles disent autre chose, poursuit-il, elles doivent être changées. »

Libération, Rosa Brostra (21/05/2019) – A Hongkong, l’émoi face aux fœtus traités comme « déchets médicaux »

 

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