Les enjeux de la médecine personnalisée en discussion au Parlement

Publié le 3 Avr, 2013

 L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), saisi par la commission des affaires sociales, vient de commencer les premières auditions sur la médecine personnalisée. Alain Claeys et Jean-Sébastien Vialatte, rapporteurs, rendront un rapport à l’automne 2013 sur cette médecine qui “soulève aussi des défis scientifiques, économiques et éthiques“. 

 

Axel Kahn, généticien, définit la médecine personnalisée comme d’une part “le traitement le plus personnalisé possible avec une prise en compte du malade dans sa totalité“, et d’autre part comme “la prédiction des effets des médicaments et la prévision de la survenue des maladies, grâce aux tests génétiques ou au séquençage du génome“. Elle est aussi définie par ailleurs comme une médecine qui “catégorise les individus selon certaines de leurs caractéristiques génétiques“. 

 

En oncologie, “la pertinence de la médecine personnalisée est vérifiée depuis longtemps” et des thérapies ciblées sont utilisées depuis la fin des années 1990. 
“La médecine personnalisée est [aussi] très utilisée dans les maladies héréditaires ou orphelines, comme la drépanocytose ou la leucémie promyélocytaire“. 

Cependant, diverses questions se posent quant à la manière dont doit être proposée ce type de médecine.
En premier lieu, l’utilisation de la médecine personnalisée oblige l’industrie pharmaceutique “à se repositionner“. La question est en effet de savoir comment doivent être financés ces traitements de niche“.
En second lieu, la confidentialité et plus précisément la question de savoir si “les données des patients sont […] suffisamment sécurisée?” pose problème. (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 20 mars 2013). Le Pr André Syrota, président de l’Inserm s’interroge: “l’assurance-maladie ou les assureurs ne vont-ils pas faire pression pour connaître les risques [auxquels sont susceptibles d’être confrontés les personnes]”.

 

Enfin, précise-t-il, “en termes sociétaux, la médecine de masse n’a pas réduit les inégalités sociales de la santé“. Ainsi, la journaliste renchérit: “qu’en sera-t-il avec la médecine personnalisée? Quelle différence fera-t-on entre soins et confort?“. 
Dans tous les cas, “il faut renoncer à prédire l’avenir“. Le généticien Axel Kahn souligne en effet que “connaître un risque, comme le tabac, ne conduit pas systématiquement les personnes à lutter contre la survenue d’une pathologie“, car, précise-t-il, “un gène ne code jamais un destin: l’être humain est confronté à un environnement“. 
 

 Le Quotidien du Médecin (Coline Garré) 04/04/2013

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