NBT : les recommandations de l’OPECST

Publié le 5 Juil, 2021

Dans son rapport du 3 juin dernier, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) a formulé plusieurs propositions sur les « nouvelles techniques de sélection végétale » (NBT pour New Breeding Techniques) qui permettent de modifier le génome d’une plante « à partir d’une mutation déjà existante naturellement » (Cf. UE : Un cadre à part pour les « nouveaux OGM » ?). Pour l’Office, il convient de « garantir la possibilité de continuer à étudier les NBT, dans un objectif d’intérêt public ». De plus, « l’OPECST souhaite que les conditions d’expérimentation en plein champ soient révisées de manière transpartisane afin qu’elles garantissent à la fois la non-dissémination de plantes issues des NBT et la possibilité d’expérimenter dans des conditions semblables aux conditions réelles de culture, sans craindre une destruction des cultures ». « Une évaluation systémique, basée sur le produit, ses caractéristiques et son utilisation dans le paysage agricole est nécessaire, selon l’Office, et ce, que le produit soit issu d’une technique de modification du génome ou non ». Enfin, « l’OPECST estime nécessaire de préserver le modèle du Certificat d’obtention végétale pour donner la priorité à la recherche et l’intérêt public ».

Le 18 mars 2021, l’OPECST avait auditionné les acteurs des secteurs académique, industriel et agricole pour faire le point sur les NBT (Cf.« New Breeding Techniques » : vers l’utilisation de « nouveaux OGM » qui ne disent pas leur nom ?). En effet, Roland Lescure, Président de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, avait saisi l’OPECST d’une « mission portant sur les avantages et les risques potentiels des NBT ».

Le but de ces techniques est notamment « d’adapter les plantes au changement climatique » et aux maladies. Selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, il s’agit « d’une filière d’excellence ». Mais plusieurs associations, dont la Confédération paysanne, Greenpeace et Les Amis de la Terre avaient déposé, le 30 juin, à Matignon, une pétition pour alerter sur les risques liés à ces interventions humaines sur le génome des plantes. Pierre Barret, chercheur à l’INRAE de Clermont-Ferrand, explique « On reste sur des gènes de la même espèce ». « Cette manipulation génétique, dite des “ciseaux moléculaires” » a valu le prix Nobel de chimie à la chercheuse Emmanuelle Charpentier, en 2020 (cf. Editer le génome : des conséquences imprévisibles ?).

Sources : France Info, Guillaume Gaven (30/06/2021) ; catherine-procaccia.com (08/06/2021)

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