"Un de nous" : Des experts du droit, de la santé et de la politique s’engagent pour défendre l’embryon humain


Alors qu’en 2014, la plus grande Initiative Citoyenne Européenne (ICE) Un de Nous était renvoyée par la Commission européenne. La Fédération Un de Nous invite aujourd’hui des experts de la santé, du droit et de la politique de toute l'Europe à signer une pétition pour appeler à un débat clé et légitime visant à limiter les financements européens aux seuls programmes éthiques. Ceux qui n'impliquent pas la destruction d'embryons.

Carlo Casini est homme politique italien, ancien euro député. Il est Président d'honneur de la Fédération européenne Un de Nous[1]. Il présente pour Gènéthique, les enjeux de cet appel aux experts européens, qui doit être adressé aux Présidents de l’Union Européenne, du Parlement européen et de la Commission européenne.

 

Gènéthique : Pourquoi avez-vous lancé un « Appel d’experts » ? Quel est l’objectif de cette mobilisation ?

Carlo Casini : Le 27 mai 2014, la Commission européenne a décidé de ne pas promouvoir un débat parlementaire sur l'initiative citoyenne européenne Un de Nous, qui avait pourtant rassemblé 2 000 000 de citoyens. Cette initiative visait à demander à l'Union Européenne de ne pas accorder ses fonds à la destruction d'embryons humains. Ce fut la première mise en action du nouvel outil de démocratie directe[2]. C’était la première dans l’ordre chronologique, mais aussi au vue du nombre d'adhésions. Ce refus a blessé la démocratie. Une blessure qui, à mon avis, a été causée par une gêne très profonde. Dans toute l'Europe, les institutions publiques essaient de ne jamais répondre à cette question fondamentale : l'embryon humain est-il une chose ou une personne, un objet ou un sujet ? Dit très simplement : l'être humain nouvellement conçu est-il l'« un de nous » ?

Il s’agit d’une question décisive, et nous avons pensé que si 2 millions de citoyens n’avaient pas suffit à donner « une voix aux sans voix », peut-être que les nombreux témoignages de personnes ayant autorité en leur qualité d'experts, en raison de leur connaissance et de leur expérience, déclarant que l'embryon humain est vraiment l'un de nous, qu’il est juste de le dire et de l’écrire dans les lois, ne pourraient pas être ignorés. Les experts peuvent faire entendre « la voix des sans voix » au coeur de l'Europe et provoquer un débat sérieux et approfondi.

Cette deuxième phase de l'initiative a non seulement pour objectif de mettre fin au financement européen des activités qui détruisent les êtres humains, mais aussi, de réellement défendre l'enfant à naître. En effet, le courage des mères et des familles qui accueillent une nouvelle vie lorsque la grossesse est difficile ou non désirée, ne peut qu’être motivée par la reconnaissance de l'enfant à naître, considéré comme un enfant, comme l’un de nous.

En outre, les témoignages d’autorité, publiques et nombreux, expliquant que l'enfant à naître est l'un de nous, permettra de rendre possible l’objection de conscience des médecins, de ne plus la considérer comme un scrupule déraisonnable.

Mais il y a un autre objectif, plus important encore, qui est de rétablir la vérité sur les droits de l'homme. Aujourd'hui, s’ils sont constamment affirmés, mais ils sont inconsistants et contradictoires lorsque l’homme subit une discrimination dans l’enfant à naître, réduit à l’état de « chose ». Nous souhaitons aussi aider l'Europe à retrouver son âme, enracinée dans la centralité de la dignité humaine.

 

G : Qui est concerné par cet appel ?

CC : Nous voulons recueillir les témoignages de scientifiques, de médecins, qui affirment que « c’est vrai : l'embryon humain est ‘l'un de nous’ ». Nous demandons aux experts en droit de confirmer que le concept moderne de droit exige le respect du principe d'égalité et donc que l’embryon aussi doit être reconnu comme l'un de nous. Enfin, nous demandons aux responsables politiques de reconnaître que la politique a pour but le bien commun et que le bien commun est le bien de tous. Chaque individu humain doit être considéré comme l'« un de nous ».

 

G : Comment comptez-vous mobiliser les experts sur ces questions ?

CC : Le 12 mars prochain à Paris, nous allons lancer cet Appel. Nous espérons créer un réseau d'experts qui regroupera des associations médicales, des avocats et des experts en droit qui travaillent dans les hôpitaux, les organisations d'avocats et de juges, dans les universités, dans les parlements et les conseils municipaux et régionaux.

 

G : Quel est le lien entre cet appel et la fédération Un de Nous (One of Us) ?

CC : Le lien est très fort ! La Fédération est venue comme la conclusion de la première étape de l'initiative citoyenne qui a été rejetée le 27 mai 2014. Le 4 septembre de la même année, la Fédération a pris son nom. Elle a été fondée pour faire entendre en Europe, la voix de ceux qui n’ont pas de voix.

 

G : Qu’attendez-vous de cette initiative ?

CC : Comme je l'ai dit, nous espérons ouvrir en Europe - principalement au Parlement européen - une réflexion sérieuse sur la dignité humaine et sur la véritable âme de l'Europe et, par conséquent, obtenir, au moins, la neutralité de l'Union européenne sur les grandes questions de la vie. L’Europe ne doit jamais contribuer à la destruction d’êtres humains. Et je suis sûr que l'initiative contribuera également à sauver de nombreuses vies parce qu'elle éclaire l'esprit et le cœur de la société dans son ensemble. Et en particulier ceux des mères, des pères et des familles. La conscience permet de défendre l'enfant à naître de la manière la plus efficace. Les experts, avec leur témoignage, peuvent éclairer la conscience et donc protéger les enfants à naître. Pas contre leur mère, mais avec leur mère.

 

G : Quel est votre rôle ?

CC : J'ai fait la promotion de la première phase de l'initiative Un de nous. Plus tard, j’ai proposé à la Fédération de promovouir une deuxième phase. Cette proposition a été acceptée à l'unanimité. Nous ne pouvons pas nous arrêter à la violation de la démocratie. Nous voulons résister à ce complot contre la vie qui ne veut pas jeter un oeil vers les plus pauvres des pauvres, comme Mère Teresa de Calcutta appelait l'enfant à naître. Nous travaillons tous ensemble. J'ai accepté avec enthousiasme la tâche de coordonner l'initiative, parce que je crois que la reconnaissance de l'égalité de tous les êtres humains est la pierre angulaire d'un renouvellement social et moral de notre société civile et de la modernité. C’est un problème global et planétaire qui, pour être bien résolu, a besoin d'un témoignage d’experts. D’un témoignage large et fort.

 

 

Vous êtes experts dans le domaine du droit, de la politique ou de la santé ? À votre tour, signez et transmettez « l'appel d’experts européens ».

 

[2] Cet Institut avait été mis en place par le traité de Lisbonne (2009), et il était devenu exécutoire en 2011.