Vivre une procréation médicalement assistée

Publié le : 24 décembre 2004

Une équipe du quotidien Libération raconte leur semaine passée au centre d’aide à la procréation de l’hôpital Cochin à Paris. Ils ont suivi en quelques jours le parcours de plusieurs couples : consultations, dosages hormonaux, échographies, ponctions ovariennes, recueil de sperme, fécondation in vitro, sélection des "beaux" embryons, transfert des embryons, congélation des embryons non réimplantés, attente, réussite ou échec de la grossesse…

Les techniciennes de laboratoire sont chargées de choisir les embryons qui seront réimplantés. Les embryons sont classés selon l’allure, l’avancée de leur division cellulaire… Ainsi, les 4A, quatre cellules, allure ronde, sont sélectionnés en priorité. Plus ils avancent dans l’alphabet, moins ils auront la chance d’être réimplantés. Quand la mère a moins de 38 ans, deux embryons sont réimplantés. Quand elle a dépassé cet âge, trois embryons seront transférés dans l’utérus maternel.

La sécurité sociale prend en charge la totalité des traitements, sans limitation du nombre de tentatives. Pour beaucoup de couples, plusieurs tentatives seront nécessaires pour aboutir à une grossesse.

Toutes les 6 semaines, le service de Cochin ferme deux semaines le temps de "mettre à jour les dossiers, faire le point, commander de nouveaux milieux de culture, décontaminer les salles…" explique une sage-femme.

Pour les couples, "c’est stressant". Selon les sages-femmes, la période la plus dure pour les femmes sont les deux semaines d’attente entre la réimplantation d’un ou des embryons et la certitude qu’une grossesse est en cours. "Pendant des semaines, elles ont été suivies par une équipe médicalisée, se sont déplacées tous les deux jours ou presque à l’hôpital. Et tout à coup elles se retrouvent seules".

Le service de Cochin voit jusqu’à 500 couples par an et enregistre 29% de taux de réussite.

NDLR : Une expérience similaire a été décrite par Grégory Bénichou dans son ouvrage "Le Chiffre de la Vie". Ayant suivi une technicienne de laboratoire lors de la sélection des embryons, il y exprime son étonnement : une rapide inspection suffisait à la technicienne pour sélectionner l’embryon à conserver ou à jeter.
Le Chiffre de la Vie, Grégory Bénichou, Ed. du Seuil, 2002.

Libération 24/12/04

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