Vers de nouveaux traitements de la schizophrénie grâce aux cellules iPS ?

Publié le 11 Jan, 2022

Des chercheurs du Lieber Institute for Brain Development (LIBD) aux Etats-Unis ont montré que « les symptômes cliniques des personnes atteintes de schizophrénie peuvent être prédits par l’activité de neurones dérivés des propres cellules des patients ». Pour ce faire, on prélève des cellules des malades, qu’on reprogramme en iPS, pour les différencier en neurones. Ce lien – entre la physiologie des cellules et les symptômes tels que les délires, les hallucinations et les altérations cognitives – n’avait pas pu être établi auparavant. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) [1].

Des modèles très précis

Dans le cas de maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou la dépression, aucune caractéristique biologique spécifique ne permet de distinguer les cellules cérébrales saines des cellules malades. Mais les chercheurs du LIBD ont pu identifier « des différences dans la fonction des canaux ioniques – des protéines qui régulent l’activité électrique dans le cerveau – entre les neurones dérivés de patients schizophrènes et ceux issus d’individus neurotypiques ». Les scientifiques ont ainsi pu trouver « un modèle d’activité cellulaire en corrélation avec le degré de psychose chez les patients » et « un autre modèle d’activité qui prédit avec une précision presque absolue leur niveau de déficience cognitive ». L’étude a porté sur 13 patients atteints de schizophrénie, « principalement de jeunes adultes ». 15 individus composaient le groupe « neurotypique ».

Bien que convaincus du potentiel des modèles dérivés des cellules souches iPS, « nous ne pouvions pas imaginer que l’activité de ces cellules in vitro prédise si fidèlement le comportement complexe des personnes qui les ont données », a déclaré le Dr Brady J. Maher qui a dirigé l’étude. Selon lui, ces résultats « ouvrent la porte à la médecine personnalisée, à la possibilité de prédire la gravité des symptômes d’un patient, bien avant le premier épisode psychotique », et à celle de trouver de nouveaux traitements.

Des traitements partiels

Aux Etats-Unis, 3,5 millions de personnes souffrent de schizophrénie. Une pathologie qui a coûté « 281,6 milliards de dollars » en 2020 d’après un rapport de la Schizophrenia & Psychosis Action Alliance. « La plus coûteuse de toutes les maladies mentales ». Pourtant « les progrès en matière de traitement sont au point mort depuis de nombreuses années ». Actuellement, les traitements de la schizophrénie ne s’attaquent qu’aux symptômes de la psychose, comme les hallucinations et les délires. Mais les traitements ciblant les déficits cognitifs « font totalement défaut ».

 

[1] Electrophysiological measures from human iPSC-derived neurons are associated with schizophrenia clinical status and predict individual cognitive performance, Proceedings of the National Academy of Sciences (2022). On BioRxiv: www.biorxiv.org/content/10.110 … /2021.04.08.437289v1

Source : Medical Xpress, Lieber Institute for Brain Development (10/01/2022)

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