Une jambe bionique pilotée par la pensée

Publié le 2 Juil, 2024

Dans le cadre d’un essai mené par des chercheurs du K. Lisa Yang Center for Bionics au Massachusetts Institute of Technology (MIT), et publié dans la revue Nature Medicine [1], des personnes amputées sont parvenues à « marcher plus rapidement et à franchir plus facilement des escaliers et des obstacles », grâce à une « jambe bionique » contrôlée par leur cerveau.

Le dispositif permet à la personne qui en est équipée de fléchir, d’orienter et de faire pivoter le pied de la prothèse « par la seule force de sa pensée ». Il en résulte « une démarche plus naturelle, une meilleure stabilité dans les escaliers et sur les terrains accidentés et une augmentation de 41 % de la vitesse par rapport à une prothèse traditionnelle ».

Une meilleure intégration au corps

La jambe bionique fonctionne en lisant l’activité des muscles restants de la jambe du patient et utilise ces signaux pour contrôler une cheville électrique. Dans le cadre de cet essai sept patients ont utilisé la jambe bionique. Les résultats ont été comparés à sept autres patients ayant subi une « amputation traditionnelle ». Les premiers ont signalé moins de douleurs et moins d’atrophie musculaire à la suite de l’opération chirurgicale spécifique qui a été nécessaire pour contrôler leur nouveau membre [2]. Les patients étaient également plus enclins à penser que leur prothèse faisait partie de leur corps.

« Lorsqu’une prothèse n’est pas contrôlée par le cerveau, les patients la considèrent comme un outil, comme un charpentier considérerait son marteau », décrypte le professeur Hugh Herr, auteur principal de l’étude et lui-même doublement amputé. « Lorsque la personne peut contrôler et ressentir directement les mouvements de la prothèse, celle-ci fait véritablement partie de son anatomie. »

L’équipe du MIT espère qu’une version commerciale de la jambe sera disponible d’ici cinq ans.

 

[1] Song, H., Hsieh, TH., Yeon, S.H. et al. Continuous neural control of a bionic limb restores biomimetic gait after amputation. Nat Med (2024). https://doi.org/10.1038/s41591-024-02994-9

[2] L’opération vise à préserver deux paires de connexions musculaires qui, dans une jambe saine, sont utilisées pour fléchir et pointer le pied et l’incliner d’un côté à l’autre. Lors d’une amputation classique, ces connexions sont coupées, mais ici les muscles restants sont reconnectés. L’opération peut être réalisée lors d’une amputation primaire, mais les muscles peuvent aussi être reconnectés après l’amputation initiale.

Sources : MIT technology review, Sarah Ward (01/07/2024) ; The Guardian, Hannah Devlin (01/07/2024) – Photo : iStock

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