Un patient débranché sans consentement : son épouse porte plainte

Publié le 16 Oct, 2017

Doris Spence, épouse de Johnnie Frank Spence, « réclame des dommages-intérêts généraux de 100 000 $ en son nom ainsi qu’aux noms de sept membres de la famille de Johnnie Spence » contre l’Office de la santé de Winnipeg (Manitoba – Canada). Son mari est décédé à 65 ans « en janvier au Centre des sciences de la santé », privé de respiration artificielle, alors qu’ « à aucun moment », il n’avait « exprimé l’intention de recourir à l’aide médicale à mourir, ni de se suicider, et il n’a jamais […] consenti à l’enlèvement de sa vie ».

 

Initialement hospitalisé pour des « difficultés respiratoires », il souffrait de « plusieurs problèmes médicaux » dont « le diabète, l’hypertension et la maladie de Kennedy[1] ». Inconscient le lendemain, le patient a été placé « sous assistance respiratoire ». Le médecin a déclaré que son état « ne s’améliorerait pas ». Il a « a suggéré d’arrêter le ventilateur et de permettre au père de famille de “mourir paisiblement” » après 24 heures d’intubations, pour laisser « la chance aux membres de la famille de se rendre à l’hôpital et de lui faire leurs adieux ».

 

Cependant, le surlendemain, Monsieur Spence se serait éveillé alors que sa fille était à son chevet. Il aurait salué son épouse « d’un signe de la main et les pouces vers le haut » et aurait communiqué « avec elle par notes ». Le médecin aurait « ignoré la capacité de Johnnie et ses souhaits ». Il est « entré dans la chambre à 12 h 20 afin de retirer le tube pour la respiration, éteindre le ventilateur et administrer trois injections de morphine ». Le décès du malade « a été constaté 70 minutes plus tard » alors que, selon son épouse, à la question posée concernant son désir de continuer à vivre, il aurait « répondu en faisant un signe de tête affirmatif ».

 

Doris Spence accuse le médecin d’avoir « passé intentionnellement sous silence le niveau de fonctionnement cérébral de son mari », d’être « allé de l’avant avec la fin du traitement, sachant que cela mettrait fin à la vie du patient », alors qu’il « était en mesure de prendre les décisions relatives aux soins médicaux qui le concernaient ». « Jamais [le médecin] n’a entraîné Johnnie dans une discussion concernant le retrait d’appareils médicaux de maintien de vie et il ne s’est pas assuré d’avoir un consentement éclairé » de ce dernier.

 

Le tribunal doit se prononcer sur la véracité des faits.

 

 

[1] Maladie qui entraine des faiblesses e l’atrophie musculaire.

 

Radio Canada (06/10/2017)

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